Faits et événements Jan Saudek sur grand écran
C’est la semaine prochaine que sort dans les salles tchèques le documentaire consacré au photographe Jan Saudek. Intitulé « Jan Saudek – dans l’enfer de ses passions, le paradis encore loin », le film réalisé par le cinéaste Adolf Zika fait entrer le spectateur dans l’intimité du plus célèbre photographe tchèque contemporain.
Pas de doute : Jan Saudek est un personnage hors du commun. Tantôt
adulé,
tantôt détesté par ses critiques qui n’hésitent pas à le traiter de
pornographe, il a aujourd’hui 72 ans et on lui en donnerait facilement
20
de moins.
Fier d'être filmé en train de faire des pompes ou son jogging, il décrit son enfance comme l’époque la moins heureuse de sa vie. Né dans une famille juive, il n’a pas encore 10 ans quand il est interné à la fin de la Seconde Guerre mondiale dans un camp de concentration avec son frère jumeau.
Photo: Zipo film archiv
En 1950, il reçoit son premier appareil photo, un Kodak Baby Brownie,
qu’il utiliserait encore si les pellicules étaient toujours
fabriquées.
Et voilà Jan Saudek parti pour près de 60 années de clichés, des
photos
reconnaissables au premier coup d’oeil qu’il continue de prendre dans
son modeste appartement du quartier de Zizkov. Et oui, cet artiste,
récompensé à maintes reprises à l’étranger, Chevalier des Arts et
Lettres en France, vit aujourd’hui plutôt modestement. C’est son
ex-femme Sara qui détient les droits de ses photos et qui gère leur
exposition.
Photo: Zipo film archiv
Jan Saudek et les femmes : un sujet que le film ne pouvait résolument pas
laisser de côté puisqu’il les a aimées et photographiées toute sa
vie. Huit enfants, dont quatre illégitimes et un dernier-né qui a
quelques mois seulement. L’ex, Sara, gérante de la société
saudek.com,
lui a fait trois petits-enfants avec son propre fils Samuel. Une vie
personnelle plus que mouvementée et des remords, comme il l’avoue
lui-même :
Photo: Zipo film archiv
« Je n’ai que des remords, toujours des remords... Mais
souvenez-vous
de ça : quoique vous fassiez dans la vie, un jour vous le regretterez. Si
j’étais resté marié à ma première femme, si j’avais été un gars
bien toute ma vie, alors aujourd’hui à mon grand âge je me maudirais
d’avoir manqué tout ça... »
Le documentaire consacré à Jan Saudek sort le 3 janvier prochain en République tchèque. Pas d’informations encore sur les potentielles sorties du film à l’étranger. Le mot de la fin appartient au photographe, qui livre dans le film sa définition de l’art :
« L’art, c’est de la foutaise... C’est très beau, c’est une très belle définition, il faut s’y tenir. »





