Faits et événements Jan Novak a raflé le prix du Meilleur livre tchèque de l'année 2004... So Far So Good !
"Les sujets intéressants choisissent, eux-mêmes, l'écrivain. Du moins, dans mon cas, c'était comme ça, l'histoire des frères Masin m'a choisi et captivé dès le début. C'est toujours passionnant de parler des personnages réels", dit l'écrivain tchéco-américain Jan Novak, lauréat du prix littéraire Magnesia Litera du Meilleur livre tchèque de l'année 2004 pour son roman "Zatim dobry" ("So Far So Good"). Un ouvrage qui a fait, bien avant la cérémonie, les gros titres dans la presse nationale, car il ouvre un chapitre controversé de l'histoire du pays...
Jan Novak, photo: CTK
Depuis plus de 50 ans, l'épopée de Josef et Ctirad Masin, aujourd'hui âgés
de plus de 80 ans et installés aux Etats-Unis, fascine, intrigue et
indigne leurs compatriotes. Fils d'un héros de la résistance
anti-fasciste, ils luttent, à leur tour et l'arme à la main, contre les
communistes. A l'automne 1953, ils réussissent à s'enfuir de la
Tchécoslovaquie totalitaire à Berlin-Ouest et ensuite en Amérique, mais en
tuant, dans leur fuite, plusieurs personnes. Ce sont justement ces morts,
ainsi que les victimes de leurs actes de sabotage anti-communiste qui
provoquent, jusqu'à nos jours, une polémique...
Jan Novak, la cinquantaine passée, a tiré de cette histoire un roman de 800 pages, qui a toutes les chances de devenir un best-seller, tout au moins à Prague. A la veille de la remise des prix Magnesia Litera, le journaliste Jan Lukes écrivait, dans le quotidien Lidove noviny : "Sans être chargé du 'bagage mental' tchèque, Jan Novak a prouvé, par les faits, qu'il n'y a aucune différence entre l'oppression nazie et communiste et que, par conséquent, il était légitime de lutter contre les deux régimes par les mêmes moyens." Mais les Tchèques, sont-ils suffisamment mûrs, ont-ils déjà pris du recul par rapport à leur passé, pour s'en rendre compte, s'interrogeait le journaliste. Eh bien, les mentalités évoluent... aurait-on envie de dire au vu du palmarès des Magnesia Litera. Pavla Horakova, journaliste et traductrice a été parmi cette trentaine d'hommes et de femmes de lettres qui ont couronné le roman "Zatim dobry" du prix du Meilleur livre de l'année :
"Quelque soit mon opinion sur l'histoire des frères Masin, je dois
avouer que c'est une lecture à couper le souffle. Le livre est
majestueusement écrit et bien qu'il ait 800 pages, je l'ai littéralement
dévoré en un seul week-end. On y apprend énormément non seulement sur le
contexte de l'évasion des Masin, mais aussi sur leur père et sur la vie en
Tchécoslovaquie dans les années 50 et 60, lorsque les frères Masin étaient
déjà aux Etats-Unis. D'ailleurs, le roman a été écrit en anglais et
traduit en tchèque, mais Jan Novak m'a avoué qu'il ne pouvait pas
s'empêcher de travailler aussi sur la version tchèque, d'y apporter
quelques retouches... Donc on n'a pas du tout l'impression de lire une
traduction."
Le goût de l'aventure, Jan Novak l'a autant que les frères Masin : en 1969, il s'est exilé, avec ses parents, aux Etats-Unis, où il exerce, depuis, des activités très diverses : auteur de plusieurs romans, pièces de théâtre et scénarios, il travaillait, il y a quelques années encore, comme convoyeur de fonds dans des quartiers chauds de Chicago.
Pour ne pas oublier les autres lauréats des prix Magnesia Litera, rappelons que dans plusieurs catégories, de jeunes auteurs se sont fait remarquer : à savoir Jan Balaban, originaire d'Ostrava, primé pour son dernier recueil de contes, le poète Bogdan Trojak et l'historien Petr Mata, pour son ouvrage de popularisation sur l'aristocratie tchèque. En revanche, le prix de la meilleure traduction, lui, a été décerné à Ferdinand Stoces, 75 ans, agriculteur de profession, pour son anthologie de la poésie chinoise, oeuvre à laquelle il a consacré toute sa vie...







