Faits et événements Investissements chinois : « un boom économique » en Europe centrale ?
Le Premier ministre, Petr Nečas, a participé, jeudi, à Varsovie, au sommet qui réunissait seize représentants des pays d’Europe centrale et orientale et le Premier ministre chinois Wen Jiabao. L’objectif était d’abord de renforcer la coopération économique entre les deux parties, comme en témoigne la présence en Pologne de représentants de 300 sociétés chinoises et 450 entreprises d’Europe centrale et orientale, dont 300 polonaises. Si, jusqu’à présent, les investisseurs chinois étaient surtout attirés par la position géographique avantageuse de la République tchèque et par le coût relativement faible de la main d’œuvre locale, Pékin s’intéresse désormais aux technologies et à la recherche scientifique tchèques.
Le sommet à Varsovie, photo: CTK
Pour le Premier ministre Petr Nečas, le plus grand atout de la République
tchèque est sa production industrielle traditionnelle. En 2011, plusieurs
dizaines d’entreprises tchèques ont en effet exporté en Chine des
produits de construction mécanique et automobile, ainsi que des produits
verriers, le tout pour un montant de 31 milliards de couronnes (près de
1,25 milliard d’euros). A l’issue de son entretien de vingt minutes
avec le chef du gouvernement chinois Wen Jiabao, Petr Nečas a déclaré :
« Nous nous sommes entendus sur le fait que nous étions intéressés par la croissance des échanges commerciaux entre nos pays. »
Petr Nečas avec son homologue polonais, Donald Tusk, photo: CTK
Mais la République tchèque, tout comme les autres pays d’Europe
centrale et orientale, est surtout intéressé par les 10,5 milliards de
dollars que Pékin entend prochainement investir, selon Wen Jiabao, dans
cette région qui compte 100 millions de consommateurs potentiels pour la
Chine et qui représente, pour elle, une porte d’entrée sur les marchés
occidentaux.
Si le Premier ministre chinois a évoqué à Varsovie des projets de grande envergure, tels que la construction de centrales solaires et éoliennes, le président de la Chambre tchéco-chinoise, Jan Kohout, a préféré atténuer l’enthousiasme que les déclarations de Wen Jiabao pourraient provoquer :
Wen Jiabao, photo: CTK
« Pour l’instant, il ne s’agit que de projets en cours d’étude,
car certains des investissements importants prévus par la Chine dépendent
également de la qualité des relations politiques que celle-ci entretient
avec les pays en question. »
Au sein de l’Union européenne, la République tchèque se range du côté des pays critiques à l’égard de la politique chinoise. Avec la Pologne, la République tchèque est aussi un des pays fréquemment visités par le principal opposant au parti communiste chinois, le Dalaï-lama. Si l’accueil chaleureux que Prague a pris l’habitude de réserver au leader tibétain avait sérieusement compliqué, dans les années 1990, la participation tchèque à la construction d’une centrale chinoise, selon Alice Rezková, de l’Association pour les questions internationales, les relations tchéco-chinoises ont depuis bien évolué :
Le sommet à Varsovie, photo: CTK
« Evidemment, une telle situation peut se reproduire. Mais j’ai plutôt
tendance à penser que, actuellement, la Chine adopte une attitude plus
prudente avant de prendre de telles sanctions. Par ailleurs, par le passé,
le Dalaï-lama venait en République tchèque d’abord pour participer aux
conférences du Forum 2000 et aussi pour rendre visite à son ami Václav
Havel. En général, il ne rencontre pas les responsables politiques
tchèques. De ce point de vue, la Chine n’a donc aucune raison de
compliquer les investissements, même si, bien évidemment, cela peut
changer. »
L’entreprise de fabrication de postes de télévision Changhong, ouverte en 2007 à Nymburk, à quelques dizaines de kilomètres de Prague, pour un montant de 700 millions de couronnes (28 millions d’euros), représente pour l’instant le principal investissement de la Chine en République tchèque. Loin donc encore, pour l’heure, de tous les milliards évoqués à Varsovie.






