Intensification prochaine de la lutte contre le tabagisme en République tchèque

L'Europe a décidé de se mettre à l'heure anti-tabac, avec plusieurs pays qui ont déjà adopté des lois sévères et l'appel du Commissaire européen, Markos Kyprianou, à suivre l'exemple de l'Irlande qui a interdit de fumer dans tous les espaces publics y compris les établissements de restauration. La Tchéquie pourrait respecter cette tendance.

La France suit l'exemple de l'Irlande en interdisant, à partir du 1er février, la sacro-sainte cigarette dans tous les lieux publics, à l'exception des bureaux de tabac, des bars, des discothèques et des restaurants. Une exception qui ne durera pas longtemps, car à compter du 1er janvier 2008, fumer serait interdit dans tous les lieux publics. En République tchèque, la loi anti-tabac n'est pas aussi sévère encore. Elle interdit de fumer dans certains espaces publics, comme sur les lieux de travail, dans les hôpitaux, les transports en commun et même les arrêts bus. D'un autre côté, si vous allez au restaurant, au café, rien ne vous empêchera vraiment d'allumer votre cigarette, même aux heures des repas. Exception faite, naturellement, des établissements non-fumeur. Tout cela pourrait changer bien rapidement.

Mardi, les députés de la formation gouvernementale de droite, le Parti civique démocrate, ont présenté un projet de loi anti-tabac qui va dans le sens de la campagne européenne. Alors qu'aujourd'hui, les restaurateurs sont seulement tenus de réserver des tables aux non-fumeurs, si ce projet de loi est adopté, ils devront diviser leurs locaux en espaces fumeurs (avec ventilation appropriée) et non-fumeurs. Les municipalités auraient le droit d'appliquer des arrêts interdisant de fumer dans les jardins publics, les terrains de sport réservés à la jeunesse et même dans les espaces communs des immeubles d'habitation. Pour ces derniers, le verdict de la Cour suprême de Brno vient de créer un précédent. En effet, elle a renvoyé une affaire de plainte d'un locataire contre ses voisins qui fumaient dans les couloirs de son immeuble, devant les juges des tribunaux de première instance qui avaient refusé de l'examiner. Ainsi donc, la Cour suprême a reconnu le droit d'un non-fumeur à se défendre contre les méfaits du tabagisme même dans son lieu d'habitation. Le projet de loi précise aussi l'interdiction de fumer dans les arrêts bus. L'interdiction ne sera valable que pour les arrêts couverts, mais pas pour ceux à ciel ouvert. Le projet a de grandes chances d'être adopté par la Chambre des députés, avec le soutien des chrétiens-démocrates et des Verts. Par contre dans le Parti civique démocrate, dont fait partie l'auteur du projet, et chez les sociaux-démocrates et les communistes, les opinions sont partagées.