Faits et événements Il y a 68 ans commençait l'occupation de la Tchécoslovaquie
Le 15 mars 1939, à 6 heures du matin, les troupes hitlériennes entraient dans Prague. Les archives sonores de la Radio tchèque ont conservé le témoignage authentique d'un reporter décrivant d'une voix émue la situation:
Mars 1939
"Après des soldats, on voit arriver des unités motorisées. Des
véhicules militaires transportent des canons antiaériens géants d'une
construction tout à fait différente de la nôtre."
Ce 15 mars 1939, la radio annonce que les unités militaires du IIIe Reich
ont franchi la frontière pour assurer la protection de la Bohême et de la
Moravie, sur demande du président Emil Hacha. Soixante-huit ans plus tard,
les historiens fournissent de nouveaux témoignages : le président Hacha,
longtemps resté symbole de la trahison, a opposé une résistance beaucoup
plus farouche à Hitler qu'on ne l'a cru.
Emil HachaL'historien Jan Uhlir de
l'Institut d'histoire militaire a sorti des archives de Prague et de
Berlin deux protocoles de capitulation pour comparer les signatures
apposées au bas par Hacha. Une expertise graphologique a confirmé qu'en
signant le premier document, il était sous une pression psychique énorme :
sous menace de bombardement de Prague et de mise à mort des milliers de
Tchèques...
Président du protectorat après la conférence de Munich, Emil Hacha a été appelé, le 14 mars 1939, par Hitler à Berlin. Ignorant la menace d'occupation de la Tchécoslovaquie, il y arrive avec la conviction que la situation en Slovaquie, qui vient de proclamer son indépendance, sera débattue. Or, il tombe dans un piège. La décision de l'occupation de la Tchécoslovaquie a déjà été prise. Hitler informe Hacha que l'ordre a été donné. Le président s'écroule, frappé d'une crise cardiaque, et face aux menaces de Göring de raser Prague par des bombardements, il signe le protocole de capitulation. Pour l'historien Jan Uhlir, aucun des présidents tchèques ne s'est autant sacrifié que Hacha. S'il avait dû agir pour lui-même, il n'aurait jamais cédé.









