Faits et événements Il y a 25 ans, Tchernobyl
Il y a 25 ans le monde découvrait le nom de Tchernobyl, désormais irrémédiablement associé à la plus grave catastrophe nucléaire de l’humanité. Le 26 avril 1986 explosait un des réacteurs de la centrale ukrainienne, faisant plus de 25 000 morts, victimes directes ou à retardement de l’accident.
Il faudra alors trois semaines à Moscou et à Mikhaïl Gorbatchev qui
dirigeait l’URSS à l’époque pour reconnaître l’événement. Un
événement aux conséquences difficilement calculables puisque longtemps,
à l’Est comme à l’Ouest d’ailleurs, les informations sont
diffusées avec parcimonie par les autorités qui craignent la panique que
peut susciter la présence du nuage radioactif qui survole une partie de
l’Europe. Aujourd’hui, avec en outre l’actuelle catastrophe de
Fukushima en fond, les questionnements sur le nucléaire ressurgissent, et
par là-même, ceux sur les conséquences de Tchernobyl, notamment en
République tchèque. Dana Drábová est la directrice de l’Agence
tchèque pour la sécurité nucléaire. Pour elle, les conséquences de
Tchernobyl sur le territoire tchèque sont négligeables, comme elle
l’avait confié à David Alon :
Dana Drábová
« Nous sommes convaincus que nous connaissons l’étendue des
conséquences de Tchernobyl en République tchèque. Le niveau des
radiations a été mesuré et a donné des taux très bas, proche de celui
que l’on trouve habituellement en milieu naturel. L’impact de
Tchernobyl sur le territoire tchèque est donc négligeable. Les Tchèques
ont eu et ont toujours du mal à le croire. C’est là la conséquence
directe du manque de communication et de transparence sous le communisme.
En 1986, il y avait peu d’information. Durant les journées qui ont suivi
la catastrophe, les gens recevaient des nouvelles de Radio Europe Libre et
d’autres radios étrangères mais les faits se contredisaient et personne
ne savait démêler le vrai du faux. Dès le début, nous avons pu mesurer
et estimer le taux de radioactivité. J’y ai d’ailleurs participé
personnellement puisque je débutais alors ma carrière. Malheureusement,
aujourd’hui encore, la plupart des gens sont convaincus que le niveau de
radioactivité aurait pu avoir un impact la santé de la population. Ce
n’est pas le cas. Et d’ailleurs, je doute qu’en France, les
conséquences aient été différentes. »
Episode peu connu de l’après-Tchernobyl : le retour de ceux qu’on
appelle aussi les « Tchèques de Tchernobyl ». A quelques kilomètres du
site accidenté, deux villages où vivaient les descendants de Tchèques
installé en Volynie au XIXe siècle. Lorsque dans les années 1990, le
tout nouveau président Václav Havel se rend officiellement en Ukraine,
les représentants de cette minorité tchèque l’enjoignent de les aider
à retourner dans le pays de leurs ancêtres. L’ancien dissident et
dramaturge prend à cœur leur situation. Et entre 1990 et 1993, quelque
1812 Tchèques d’Ukraine sont rapatriés en Tchécoslovaquie. Tomáš
Haišman, chargé de ce rapatriement pour le gouvernement fédéral à
l’époque se souvient :
« Transférer ainsi plus de 1 800 personnes sur trois ans, leur assurer
de quoi commencer une nouvelle vie – je pense que c’était quelque
chose que les pays tchèques n’ont connu qu’après la Seconde Guerre
mondiale… »
Même loin des radiations autour de Tchernobyl, les Tchèques d’Ukraine rapatriés devront faire parfois face à la peur et la méfiance des gens qui deviennent leurs nouveaux voisins. Et recommencer leur vie à zéro.
Temelín
En attendant, à l’heure des commémorations de ce 25e anniversaire et
où plane l’ombre de Fukushima, la République tchèque, par la voix de
son Premier ministre, a fait savoir que cette dernière catastrophe ne
remettait pas en cause l’existence de la centrale de Temelín en Bohême
du Sud. Celle-ci a même fait l’objet d’un accord entre le gouvernement
français et le gouvernement tchèque en février dernier sur la
construction des 3ème et 4ème tranches de la centrale.






