Faits et événements Hommage parisien au juriste Otakar Motejl
Le Centre tchèque et l’Association Masaryk ont organisé ensemble à Paris, mardi 19 octobre, une soirée d’hommage à Otakar Motejl qui nous a quitté au mois de mai dernier à l’âge de 77 ans. Notre collaborateur parisien Jiří Slavíček nous a téléphoné.
Otakar Motejl
C’était une très belle rencontre consacrée à la mémoire d’un homme
de loi, un homme qui s’est efforcé pendant toute sa vie d’être
désespérément honnête et juste mais surtout fidèle à ses engagements,
comme le disait dans un message vidéo, enregistré spécialement pour
cette soirée, l’ex-président tchèque Václav Havel. Il ne parlait pas
seulement de l’ancien avocat Otakar Motejl, ni de l’ancien président
de la Cour suprême ou encore de l’ancien ministre de la Justice, ni du
médiateur de la République car Otakar Motejl a exercé toutes ces
responsabilités tout au long de sa vie. Mais Václav Havel a parlé
surtout de son ami Otakar. De la même manière s’est exprimé Karel
Prokop, aujourd’hui réalisateur de films pour la Télévision française
mais surtout ancien dissident tchèque défendu, avec succès, justement
par l’avocat Otakar Motejl.
C’est de cette manière que s’est exprimé aussi un autre invité prestigieux de cette soirée, l’homme qui a fait abolir en France la peine de mort, quand il était ministre de la Justice. Robert Badinter, qui a préféré, lui aussi, parler surtout de son ami Otakar qui, selon lui, possédait en plus de sa vaste culture juridique, une chose précieuse et très rare chez un juriste de son niveau, à savoir, un sens de l’humour à froid, que l’on peut trouver, toujours selon lui, beaucoup plus facilement en Europe centrale qu’ailleurs. Pendant la soirée, le sénateur Robert Badinter a aussi formulé un vœu : faire sous-titrer en français le petit film portrait d’Otakar Motejl réalisé pour la Télévision tchèque par Věra Chytilová, film qui a aussi été projeté pendant cette soirée, mais surtout de le faire voir aux futurs juges français à l’Ecole de la magistrature dans un but pédagogique pour leur faire savoir comment on peut juridiquement et humainement lutter pour la démocratie et contre la dictature. Au vu de l’opiniâtreté de Robert Badinter, on peut espérer que cela se réalisera, d’autant plus que comme l’a souligné le président de la Cour constitutionnelle de la République tchèque Pavel Rychetský qui a fait le déplacement, les liens affectifs d’Otakar Motejl avec la culture et la langue françaises étaient très forts. Il a en plus présidé jusqu’à sa disparition l’Alliance française de Brno.
En somme, c’était vraiment une belle soirée. On peut seulement regretter qu’il y ait eu moins de monde que d’habitude - et pour cause. Certains se sont fait piéger par les manifestations des grévistes parisiens, les autres ont eu peur aussi bien des bouchons que des absences de métro et de bus.








