Faits et événements Hommage au cardinal Frantisek Tomasek, figure de la Révolution de velours
C'est dans la cathédrale Saint-Guy, au Château, que les Pragois ont rendu hommage vendredi au cardinal Frantisek Tomasek, disparu le 6 août 1992. La personnalité de cet homme de foi disparu il y a treize ans a été reconnue et admirée au-delà du cadre de l'Eglise. Il a tenu tête au régime communiste, sans jamais se laisser briser, malgré trois années de prison et de travaux forcés, et malgré toutes les pressions exercées sur lui par les autorités.
Cardinal Frantisek Tomasek en novembre 1989
On écoute celui qui a pris sa succession au début des années 90, le
cardinal Miloslav Vlk :
« Le cardinal Tomasek, mon prédécesseur, était un homme qui se distinguait par son courage. Et même si le régime a tenté de l'isoler, de lui faire comprendre qu'il était un général sans armée, le cardinal Tomasek n'a jamais abandonné, il a combattu pour la liberté de tous ».
L'ancien ministre français des Affaires étrangères, Roland Dumas, s'est rendu à Prague à la fin des années 80, avant la chute du régime. Il a eu lui aussi l'occasion de rencontrer ce personnage hors du commun :
Roland Dumas
« Lorsque je suis venu ici la première fois, avant le premier voyage
officiel de François Mitterrand, j'ai été reçu par le cardinal Tomasek,
qui était un personnage très haut en couleurs, non seulement parce qu'il
avait le visage coloré mais aussi parce qu'il était sympathique dans son
propos. Il mélangeait des phrases d'allemand avec du français et gardait
une lucidité incroyable à plus de 90 ans. Il s'exprimait très bien et
accompagnait généralement ses propos - qui étaient un tout petit peu
séditieux - de gestes. Quand on lui demandait si on pouvait parler
librement, il disait "Ja", mais faisait un geste de la main qui
signifiait "faîtes attention". En sa présence, on était vraiment
impressionné. »
« En ce moment crucial de combat pour la vérité et la justice dans notre pays, moi et l'Eglise catholique dans son ensemble sommes du côté de la nation » : cette phrase fut prononcée dans la cathédrale Saint-Guy par le cardinal Tomasek durant les journées historiques de novembre 1989. Il s'éteindra trois ans plus tard, en août 1992, à l'âge de 93 ans.







