Gravir les 27 plus hauts sommets européens pour développer l'agrotourisme

Gravir pour la première fois le plus haut sommet de chacun des vingt-sept pays de l'Union européenne tout en réalisant parallèlement une étude sur l'agro-tourisme dans les régions visitées : telle est l'idée du vaste projet baptisé « L'Europe des 27 par ses sommets ». Mardi, une équipe de dix personnes originaires du Massif Central se trouvait à Prague, dernier point de passage d'une première expédition au cours de laquelle elle aura successivement réalisé l'ascension du Mont Rysy (2499 m), du Gerlachovsky Stit (2655 m) puis de la Snezka (1602 m), points culminants de la Pologne, de la Slovaquie et de la Tchéquie. A la tête de cette expédition se trouvent Jean-Pierre Frachon, premier alpiniste français à avoir gravi les sommets de chacun des sept continents, et Michel Mathé, professionnel dans le développement local. Ce dernier nous a présenté plus en détails le projet de « L'Europe des 27 par ses sommets » :

 « Ce projet repose sur deux choses distinctes et à la fois complémentaires. Il s'agit de faire l'ascension du plus haut sommet de chacun des vingt-sept pays de l'UE tout en faisant une étude sur l'agrotourisme dans ces pays. Ce projet va s'organiser autour de dix expéditions qui s'étaleront de juin 2007 à octobre 2009. Dans chacune de ces expéditions, nous emmenons des randonneurs et des acteurs des territoires du Massif Central. Cela leur permettra de confronter leurs expériences, d'observer et d'échanger avec d'autres personnes dans les autres pays qui font les mêmes métiers qu'eux, que ce soit agriculteur, prestataire touristique ou office de tourisme. »

-Comment cette idée a-t-elle vu le jour ?

 « C'est une idée qui a germé dans ma tête au début 2004. Personnellement, je suis chargé de développement local, c'est mon métier. A force de travailler sur le territoire du Massif Central, de voir à la fois tout ce qui se fait de bien mais aussi tout ce qui pourrait se faire, j'ai été attiré pour aller observer tout cela dans l'UE. Avec Jean-Pierre Frachon, nous nous connaissons depuis un peu plus de vingt ans. Nous avons évoqué nos différentes actions passées et c'est ainsi que le projet a germé. C'est-à-dire entre lui et les 27 sommets, qui n'avaient jamais été faits, et puis en profiter pour aller voir ce qui se passe au pied de ces plus hauts sommets. »

-Vous arrivez au terme de la première expédition qui vous a fait découvrir la Pologne, la Slovaquie et la Tchéquie. Par rapport à cette dernière et à l'ascension de la Snezka, quelles ont donc été vos impressions ?

 « L'impression globale que l'on retire sur ces trois pays, c'est que nous sommes plutôt en avance, si on peut parler d'avance en agrotourisme. Ce sont des modes complètement différents du nôtre, en particulier avec la très grosse empreinte de la période communiste qui a marqué profondément l'agriculture. Il y donc une sortie des agriculteurs depuis une quinzaine d'années de ce modèle soviétique. Cela fait que les gens ont tendance avec des tout petits lopins de terre à se lancer dans ce tourisme. Ils ont des perspectives libérales qui s'offrent à eux. »

-Comment préparez-vous la visite d'un pays ? Parce que vous passez certes quelques jours par exemple en République tchèque, vous y faites l'ascension du plus haut sommet, mais on peut supposer qu'en si peu de temps vous n'avez pas les moyens de bien faire le tour de la problématique de l'agrotourisme dans chaque région...

« Il y a une ou deux journées qui dans chacun des pays sont consacrées à la rencontre des acteurs de l'agrotourisme, mais disons que sur l'ensemble des treize jours de l'expédition, il s'agit de ce que j'appelle une imprégnation sensorielle. C'est-à-dire que puisque nous sommes sur le territoire, nous sommes en imprégnation permanente, avec des gens qui sont dans cette activité économique des territoires. »

Vous pourrez entendre la suite de l'entretien avec Michel Mathé dans nos prochains Faits et événements, puis un autre avec l'alpiniste Jean-Pierre Frachon dans la prochaine rubrique sportive lundi.