Grande pénurie d'abris à Prague

En République tchèque, ils sont 35 000 à vivre sans famille, sans travail et sans abri. Jeunes, âgés, Tchèques et étrangers. En hiver comme celui de cette année, blanc et froid, ils se pressent près des portes des centres d'asile que l'on trouve dans toutes les villes du pays. Dans la capitale, ces derniers débordent et sonnent l'alarme...

Photo: CTKPhoto: CTK Quelques chiffres d'abord : les organisations humanitaires tchèques venant en aide aux sans-abri, telles L'Espoir, L'Armée du Salut, La Charité de l'archidiocèse ou le Centre pragois des services et de la prévention sociale, voient, chaque année, augmenter leur "clientèle" de 10 à 20%. Heureusement, leurs activités et le nombre de services offerts aux démunis augmentent aussi. A Prague, les centres et la mairie ont beau faire le maximum, les SDF sont de plus en plus nombreux (l'année dernière, ils étaient presque 5000) et les capacités d'asiles de nuit insuffisantes (quelque 300 lits seulement). Hana Halova de la mairie de Prague a même lancé un appel à la population pragoise et aux institutions : tous ceux qui pourraient héberger, dans des locaux appropriés, des sans-abri sont priés de s'adresser aux autorités pragoises...

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne Les centres d'assistance de Most, ville de Bohême du Nord connue pour posséder le taux de chômage le plus élevé du pays, affichent également complet. Ici, la mairie a hébergé les démunis dans des foyers qui, normalement, servent à d'autres fins. Un SDF a même été placé dans une maison de retraite. Et ce n'est pas tout : d'ici 2006, la ville compte ouvrir un centre d'asile tout neuf, dans la cité HLM Chanov habitée principalement par les Roms.

La deuxième plus grande ville tchèque, Brno, tout comme Prague d'ailleurs, s'inquiète d'un nouveau phénomène, celui des jeunes sans-abri. "Ce sont, en général, des hommes âgés de 20 à 35 ans. Chaque jour, ils sont dix ou quinze à frapper à nos portes", a dit, pour le quotidien Lidove noviny, Petra Vaskova de l'Armée du Salut de Brno. Selon la police, cette jeune génération de SDF se distingue surtout par son comportement difficile : alcool, bagarres de rue et agressions contre les piétons. A Prague, à Brno et ailleurs, ils ont un présent et un passé identiques : sortis des foyers pour enfants abandonnés, ils ne savent pas comment affronter le quotidien. Tisser un filet social de sécurité serait peut-être plus utile que de construire des asiles de nuit...