Gouvernement : les négociations pour la formation d’une coalition ANO – sociaux-démocrates suivent leur cours

Quatre mois après la tenue des élections législatives, la République tchèque reste dirigée par un gouvernement minoritaire qui a échoué à obtenir la confiance de la Chambre des députés en janvier dernier. Les négociations pour la formation d’un nouveau cabinet se poursuivent donc. Et il semble même qu’elles aient quelque peu avancé mercredi. Le point sur la situation.

Jan Hamáček, Jiří Zimola, Andrej Babiš, photo: ČTKJan Hamáček, Jiří Zimola, Andrej Babiš, photo: ČTK Les dirigeants du mouvement ANO, grand vainqueur des élections en octobre dernier et dont les membres occupent l’essentiel des fauteuils ministériels depuis la nomination du gouvernement minoritaire en décembre dernier, se sont entretenus avec les représentants du parti social-démocrate (ČSSD), du parti communiste et du parti d’extrême droite Liberté et Démocratie directe (SPD). La formation d’une coalition ANO-ČSSD est aujourd’hui l’hypothèse la plus probable, les cinq autres partis représentés à la Chambre des députés ayant exclu l’idée d’une coopération avec le mouvement dirigé par le Premier ministre Andrej Babiš. Aucun accord de quelque nature que ce soit n’a encore été trouvé entre les deux parties, c’est néanmoins ce à quoi s’efforcent de parvenir leurs représentants depuis que la social-démocratie dispose d’une nouvelle direction.

Pour l’heure, les discussions portent essentiellement sur les priorités du programme de l’éventuel prochain gouvernement, comme l’a confirmé le leader de la social-démocratie, Jan Hamáček:

« Nous avons demandé à nos experts de préparer un ensemble de priorités de la social-démocratie dans une dizaine de secteurs. Des négociations plus concrètes avec les dirigeants d’ANO sont prévues dans le courant de la semaine prochaine. Mais d’ores-et-déjà nous pouvons dire que nous sommes confrontés à certains désaccords, par exemple dans le domaine fiscal. »

A la sortie de la rencontre de mercredi, le vice-président du ČSSD, Jiří Zimola, a indiqué que l’ambition était de parvenir à un accord d’ici à la fin du mois de mars. Toutefois, les dirigeants sociaux-démocrates souhaitent que le mouvement ANO ne puisse pas prendre de décisions au sein de l’éventuelle coalition gouvernementale sur la base d’une simple majorité, alors que le ČSSD ne possède que 15 des 200 sièges à la Chambre des députés.

Tomio Okamura (SPD), photo: ČTKTomio Okamura (SPD), photo: ČTK La formation d’une coalition entre ANO et le ČSSD serait toutefois encore insuffisante pour disposer de la majorité à la Chambre des députés. C’est pourquoi le soutien des communistes ou du SPD est également nécessaire. Aucun de ces deux partis n’envisage d’intégrer le gouvernement, mais leurs responsables se disent prêts à le tolérer à certaines conditions.

Concrètement, communistes et SPD souhaitent que certaines de leurs priorités soient intégrées au programme du gouvernement, comme par exemple des investissements dans le domaine du logement et de son accès au plus grand nombre.

Les communistes entendent également discuter prochainement plus en détail avec les sociaux-démocrates, les deux seules formations de gauche représentées à la Chambre des députés.