Faits et événements Gainsbourg cinéaste à l’Institut français de Prague
L’Institut français de Prague propose en décembre deux soirées consacrées à Serge Gainsbourg. Deux soirées au cours desquelles l’on peut entre autres découvrir que Gainsbourg n’a pas seulement été un parolier et interprète de génie, mais aussi qu’il s’est laissé tenté par le cinéma. Le critique de cinéma Michal Procházka évoque ces soirées.
Michal Procházka « Si j’avais à choisir entre une dernière femme et une dernière
cigarette, je choisirais la cigarette. On la jette plus facilement. »
Cette ‘charmante’ phrase avec laquelle tout le monde ne serait pas forcément d’accord, c’est une phrase de Serge Gainsbourg qui est donc au programme de l’IFP pour deux soirées...
Serge Gainsbourg « La première se déroule ce mardi et la suivante aura lieu mardi
prochain, le 15 décembre. »
Comment est née l’idée de ces deux soirées ? Je sais que l’an dernier, c’était l’anniversaire de sa naissance...
« En tout cas, cette année, c’est l’anniversaire de l’année
érotique 1969 (rires) ! Ici, comme on a pu le voir au dernier Festival du
Film Français, les gens connaissent évidemment la Nouvelle Vague. C’est
presque devenu un symbole français. On s’est dit que ce serait
intéressant de montrer également un personnage-clé des années 1970, ces
années qui ont suivi, car elles ont quand même changé les perspectives.
Serge Gainsbourg et Jane Birkin
Quand Gainsbourg dit qu’il choisirait la cigarette et pas la femme, je le
comprends comme une provocation et le résultat de son sens de l’humour
sardonique. C’est un commentaire sur l’idéal et la rhétorique
amoureuse de la Nouvelle Vague, pour dire que c’était une bêtise et
quelque chose hors de la réalité. »
Serge Gainsbourg, provocateur, c’est connu. Serge Gainsbourg chanteur,
compositeur mais aussi Serge Gainsbourg cinéaste. C’est dans le cadre de
ces soirées que l’IFP propose un film de Serge Gainsbourg, c’est un
aspect moins connu de Serge Gainsbourg. C’est un film qui s’appelle
‘Je t’aime moi non plus’, le titre éponyme de la chanson. En quoi
fait-il découvrir un autre Gainsbourg ?
« On essaye de montrer plusieurs facettes de Gainsbourg. On va commencer
en montrant ce film ‘Je t’aime moi non plus’, mais ensuite on va
présenter le film de William Klein, Mister Freedom qui montrera Gainsbourg
en tant qu’acteur. L’idée de tourner ‘Je t’aime moi non plus’
est venue de son album, de la chanson qu’il a chantée, d’abord avec
Brigitte Bardot, puis avec Jane Birkin. Ce film témoigne d’une poétique
assez sarcastique de Gainsbourg. Il y a trois personnages : deux hommes et
une femme qui évoluent dans un paysage irréel, d’un monde détruit. Ils
partent à la recherche de la réalisation de leur désir. »
J’ai déjà entendu ‘Je t’aime moi non plus’ en République
tchèque, d’ailleurs, à ma grande surprise, dans des supermarchés par
exemple ! Dans quelle mesure est-il connu en République tchèque ?
« Il est à la fois connu et inconnu. Il est connu des gens qui parlent français, des gens qui sont tombés amoureux de la culture française à travers ses chansons. Mais en même temps, beaucoup de films, d’albums de lui sont inconnus ici. »







