Faits et événements Foot: les kangourous de Panenka pourraient perdre leur stade
Le club Bohemians 1905, appelé aussi la Bohemka, est un club praguois à l’histoire prestigieuse mais qui fait surtout parler de lui ces dernières années à cause de ses galères. Galère financière, embrouilles avec un autre club sur le nom même de Bohemians, et plus récemment galère en perspective à cause de son stade, le bon vieux Ďolíček du quartier de Vršovice, que l’actionnaire majoritaire veut vendre.
Le Ďolíček de Vršovice
La société CTY souhaite se débarasser de ce vieux stade qui ne répond
plus aux normes et qu’il faudrait rénover. Les Bohemians 1905 devraient
alors se trouver une nouvelle pelouse, peut-être celle du Slavia Prague,
qui est dans le même quartier. Le légendaire Antonín Panenka est le
président des « kangourous », surnom des Bohemians 1905:
Antonín Panenka, photo: www.fc-bohemians.cz
« Le propriétaire du stade voudrait probablement le vendre, et en ce
moment se poursuivent discussions et négociations. Mais il faut trouver
des moyens financiers. D’un côté il y a ceux qui veulent que le club
Bohemians 1905 déménage pour utiliser cet espace différemment, de
l’autre il y a ceux, comme la direction du club et tous ses supporters,
qui veulent que la Bohemka reste ici et que l’on continue à jouer au
foot dans ce stade. »
Photo: www.fc-bohemians.cz
Les supporters de la Bohemka, acteurs et autres célébrités inclus, ont
déjà sauvé le club de la faillite en organisant une collecte publique il
y a deux ans. Cette fois ils remettent ça avec des dons destinés à
sauver leur stade. Et ils espèrent être aidés par la mairie du Xe
arrondissement qui a laissé entendre qu’elle pourrait les aider en
rachetant la « petite fosse » ou « fossette », « Ďolíček », surnom
donné à ce stade. Malgré ses piètres résultats sportifs, le club
conserve un noyau dur de plusieurs milliers de supporters inconditionnels,
relativement important à l’échelle tchèque.
Photo: www.fc-bohemians.cz
Antonín Panenka: « C’est la raison pour laquelle la Bohemka a toujours
été un club sympathique : il y a toujours eu une ambiance détendue ici.
C’est un peu comme une grande famille, tout le monde se connaît,
personne n’est agressif. Les gens ont des intérêts communs et ont leurs
habitudes ici. Si le club devait aller jouer ailleurs, ce serait un coup
très dur pour nos supporters, je ne sais pas s’ils l’accepteraient. »
Pour Antonín Panenka, perdre ce stade serait un coup très dur également sur le plan personnel. C’est ici qu’il a notamment travaillé sa « panenka », qui est rentrée dans l’histoire du football :
Antonín Panenka
« C’est vrai que j’ai une relation spéciale avec cet endroit. J’ai
commencé à jouer sur ce terrain quand j’avais neuf ans. Cela signifie
que j’ai joué ici pendant 23 ans. Depuis 14 ans, j’occupe diverses
fonctions dans le club... Je suis comme à la maison ici... Je n’aime pas
déménager et ce serait vraiment triste si on devait partir. C’est ici
que j’ai inventé le pénalty qui porte aujourd’hui mon nom. Après
l’entraînement je restais avec le gardien pour tirer des pénaltys et
des coup-francs. On pariait du chocolat, de la bière ou de l’argent. Et
c’est là que m’est venue l’idée, sur ce terrain. »








