Faits et événements Euro: les Tchèques de moins en moins pressés d'entrer dans "la zone de la dette"

03-11-2011 14:26 | Alexis Rosenzweig

La zone euro lutte et semble ne pas avoir fini de lutter contre la crise de la dette. Les pays de la zone euro, la Grèce en particulier, sont au centre de l’attention. On parle moins des dix Etats de l’Union européenne qui ne font pas partie de cette zone et qui, comme c’est le cas pour tous les nouveaux membres, se sont engagés à adopter à terme la monnaie unique. Pour les Tchèques cependant, ce n’est pas demain la veille.

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Petr Nečas, photo: CTKPetr Nečas, photo: CTK Entrée dans l’UE en 2004 et dans l’espace Schengen en 2007, Prague a toujours repoussé l’adoption de l’euro, et avec la crise actuelle, il paraît évident que l’échéance va être retardée au maximum.

Et à l’heure où on ne parle plus que du référendum grec, le Premier ministre Petr Nečas vient d’indiquer qu’il était favorable à l’organisation d’un référendum sur une potentielle entrée dans une eurozone décrite par lui comme une zone de la dette :

« Le projet de l’euro s’est radicalement transformé depuis la dernière décennie. L’union monétaire est devenue une union de la dette. Il est évidemment urgent d’attendre de voir comment la zone euro va évoluer. Nous sommes favorables à des mesures pour une plus grande discipline fiscale et budgétaire. Mais nous ne pensons pas qu’une fuite en avant vers davantage une intégration plus poussée soit une solution pour régler les problèmes de l’eurozone. »

Jiří PeheJiří Pehe Du côté de l’opposition sociale démocrate on préfère aussi laisser passer l’orage pour éventuellement songer ensuite à abandonner à la couronne tchèque, si l’euro existe encore. Une attitude des élites nationales qui est signe, pour le politologue Jiří Pehe, d’une méfiance plus viscérale envers Bruxelles :

« Le provincialisme tchèque joue un rôle important ici. Les Tchèques - à cause de leur histoire, de leur situation géographique centrale et des occupations qu’ils ont dû subir à plusieurs reprises – ont cette attitude très prudente envers tout ce qui vient de l’extérieur. Si cela fonctionne, ils l’acceptent, mais quand les choses se gâtent ou semblent ne pas fonctionner comme elles le devraient, ils sont plus prudents et c’est le cas à la fois pour la monnaie commune et l’Union européenne. »

Certains économistes tchèques n’y vont pas avec le dos de la cuiller. Le doyen de la faculté d’économie de Prague, Miroslav Ševčík, prévoit de toute façon l’actuelle zone euro va cesser d’exister.

« Notre entrée dans la zone euro à l’heure actuelle serait presque, si j’ose dire, un acte de haute trahison. Il existe la possibilité que la zone euro s’effondre et qu’une nouvelle apparaisse, avec l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, peut-être la Belgique malgré sa dette et son instabilité politique, et des candidats potentiels dont les économies sont très liés à l’économie allemande comme la Slovénie, la Slovaquie et bien sûr la République tchèque. »

Nombreux sont ceux qui prédisent encore de belles années à la couronne tchèque. Mais les prochains mois s’annoncent difficiles ici aussi avec une croissance revue à la baisse, entre 0 et 1%.

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