Etablissements de détention - une nouveauté très attendue

Lundi, le gouvernement tchèque a donné son feu vert à la création d'établissements dits de détention, destinés aux délinquants psychiatriques. L'objectif de ce projet est d'assurer une plus grande sécurité lors du traitement de ces individus, de prévenir les récidives de délinquance sexuelle.

« Le but est de protéger la société contre les agresseurs dont le comportement représente un danger public et qui ne peuvent être placés dans des prisons. Si la législation en question est adoptée, nous mettrons en place des établissements qui offriront des services de santé, mais qui seront surveillés par le service pénitentiaire. Dans ces établissements seront placés des agresseurs, des délinquants sexuels, donc des personnes qui ont commis des crimes graves », explique le ministre de la Justice, Jiri Pospisil (ODS).

Auteurs de meurtres ou d'abus sexuels, délinquants atteints de déficiences mentales ou de déviances psycho-sexuelles... Toutes ces personnes, qu'elles souffrent de troubles de la personnalité incurables ou qu'elles refusent de subir un traitement, sont actuellement placées dans des hôpitaux psychiatriques.

Si, depuis près de trente ans, les spécialistes tchèques militent pour la mise en place d'établissements de détention, c'est parce que ces hôpitaux disposent de moyens très limités pour prévenir d'éventuelles fuites et récidives. Un exemple pour tous cité ce mardi par le quotidien Pravo : en 2005, un patient au passé criminel s'est enfui du plus ancien hôpital psychiatrique du pays, celui de Kosmonosy, en Bohême centrale, pour ensuite violer et assassiner une femme de vingt ans. Il en était à sa deuxième tentative d'évasion.

Après plusieurs années de préparatifs, le ministère de la Justice met donc sur la table un projet concret. Dans un premier temps, deux centres de détention disposant de 200 places au total devraient être ouverts. Sans donner plus de précisions, les autorités parlent de deux localités dans le sud-est du pays : la ville de Brno et le village de Rapotice, dans la région de Trebic.