Faits et événements Escalade de la violence dans les stades tchèques: des mesures doivent etre prises au plus vite

17-05-2004 | Agnès Vaddé

Lors de la rencontre entre le FC Opava et le Banik Ostrava, ce samedi, certains des 3000 supporters d'Ostrava à avoir fait le court déplacement ont donné libre cours à leur agressivité et à leur haine gratuites. Plusieurs dizaines de personnes blessées dont huit policiers, neuf agitateurs inculpés pour perturbation de l'ordre public, sans oublier plusieurs millions de couronnes de dégâts. Voilà le bilan. Ce déferlement de violence n'est pas un cas isolé, et ce que la police appelle maintenant la «guerre des hooligans» suscite de vives réactions.

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Les hooligans, photo: CTKLes hooligans, photo: CTK Rien que pour cette saison, les stades tchèques ont enregistré des dommages s'élevant à 2,5 millions de couronnes causés par des actions de vandalisme, et ce sans même compter avec les quelque 15 millions dépensés par l'Etat pour les mesures de sécurité. Le problème de ces groupes de jeunes, qui n'ont rien à voir avec le foot, mais qui voient là une bonne occasion de lâcher leur agressivité contre la police, prend une ampleur qui nécessite une réaction rapide.

Un durcissement des sanctions et une intervention plus musclée des forces de l'ordre seraient souhaitables pour lutter contre ce fléau, mais les autorités n'ont pas encore pris les choses en main, comme nous l'explique Petr Hartman, journaliste pour Svobodna Evropa et spécialiste de la question.

Les hooligans, photo: CTKLes hooligans, photo: CTK "Chez nous, le rituel autour des matchs de foot est tout à fait normal, pour l'instant, c'est-à-dire que les policiers préparent d'abord leurs manoeuvres, puis se lancent à l'assaut des hooligans, qu'ils connaissent souvent déjà à l'avance. En effet, toute l'action est filmée et la police observe sur Internet les discussions entre hooligans, donc elle sait pertinemment qui sont les organisateurs de ces actions et où ils prévoient de se rencontrer. Mais malgré ça, la police reste souvent passive et s'en prend à une législation peu efficace en la matière. Les politiques leur renvoient la balle en disant que c'est du ressort de la police d'intervenir efficacement, etc. C'est toujours le même scénario. Pendant ce temps, les contribuables paient des impôts pour les manoeuvres de police lors des rencontres sportives, et ceux qui habitent près des stades, ou même qui vont assister à des matchs, ont vraiment peur pour leur sécurité. Mais rien ne bouge."

Face à la pression exercée par la police pour durcir les sanctions contre les casseurs et autres agitateurs, plusieurs députés promettent, depuis un an déjà, l'élaboration d'une nouvelle loi qui prévoit, pour les hooligans les plus virulents, des interdictions de stade à vie ou encore des peines de plusieurs années pour être descendus sur le terrain de jeu. Ce projet de loi s'inspirerait du modèle britannique, dont Petr Hartman nous explique le principe :

Les hooligans, photo: CTKLes hooligans, photo: CTK "Ils ont mis en place plusieurs mesures. Tout d'abord, ils ont décidé que le groupe cible ne devait plus être justement ces éléments perturbateurs provenant de couches sociales les plus basses, c'est pourquoi le prix du billet pour assister à un match a été augmenté, sans que cela dissuade toutefois les gens disons normaux de se rendre au stade. Le deuxième point était la mise en place, bien évidemment, d'une parfaite surveillance du stade et de ses alentours, c'est à dire que les perturbateurs ou casseurs ont été immédiatement identifiés et rapidement jugés pour la plupart. Toutes sortes de peines ont été prononcées et, surtout, beaucoup de hooligans ont été interdits de présence dans les stades, soit pour quelques années, soit à vie. Les plus dangereux et les plus brutaux d'entre eux doivent par ailleurs se présenter au poste de police le jour d'une rencontre."

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