En Jordanie, des médecins tchèques soignent les réfugiés syriens touchés par la guerre

Fin, ce vendredi, de la mission d’une équipe médicale tchèque en Jordanie. Depuis une dizaine de jours, des médecins viennent en aide aux Syriens ayant fui la guerre dans leur pays, souffrant en général de blessures liées au conflit, mais aussi de divers autres problèmes de santé. Cette mission se déroulait dans le cadre du programme gouvernemental MEDEVAC, l’occasion de revenir sur le travail effectué par ces médecins tchèques depuis le début de la guerre en Syrie.

MEDEVAC en Jordanie, photo: MZV ČRMEDEVAC en Jordanie, photo: MZV ČR Le programme humanitaire MEDEVAC, un terme tiré de l’anglais « medical evacuation », désigne l’évacuation sanitaire de personnes souffrant de problèmes de santé. Créé pendant la guerre de Yougoslavie, il fonctionne depuis 1993 et a depuis servi à apporter une aide médicale spécialisée à diverses populations touchées soit par des conflits locaux, soit par des catastrophes naturelles. Ainsi, il a déjà été appliqué en Bosnie, au Kosovo, et aussi au Pakistan, en Afghanistan ou en Irak. Dans de nombreux cas, des enfants et des adultes ont ainsi été évacués au cours de ces dernières années vers la République tchèque pour y être soignés.

Mais parfois, si les conditions matérielles le permettent, l’équipe médicale tchèque peut également agir directement sur place, comme ça a été le cas de plusieurs missions réalisées à Amman, en Jordanie, où sont accueillis de nombreux réfugiés de la Syrie voisine. A l’automne dernier, par exemple, des médecins de la Faculté de médecine d’Olomouc ont passé deux semaines dans la capitale jordanienne. Ils y ont réalisé une cinquantaine d’opérations dues à des blessures de guerre, et formé ensuite les patients aux exercices de bases nécessaires à une bonne rééducation post-opératoire. Jaromír Freiwald est traumatologue à la Faculté de médecine d’Olomouc, et il se félicite de ces missions ciblées :

MEDEVAC en Jordanie, photo: MZV ČRMEDEVAC en Jordanie, photo: MZV ČR « On s’est tout de suite rendu compte que ça avait un vrai intérêt. Ce sont des gens qui n’ont plus rien. Et personne d’autre n’est vraiment capable de leur apporter cette aide spécifique et les opérer. »

Une des raisons pour lesquelles plusieurs missions tchèques en Jordanie se sont effectuées sans évacuation médicale, mais avec des interventions directement sur place, est le bon niveau du matériel disponible. Mais le programme MEDEVAC s’avère nécessaire pour financer l’ensemble des opérations, comme le rappelle Naďa Jirásková, chef de la mission ophtalmologique de la Faculté de médecine de Hradec Králové. Elle était à Amman en avril dernier :

« Pour nous, ça a été une grosse surprise : nous avons réalisé toutes les opérations dans un centre privé qui était équipé avec tous les standards européens, qu’il s’agisse des microscopes ou de tout autre matériel médical nécessaire à notre pratique. Mais évidemment les frais d’opération sont extrêmement élevés dans cette clinique, d’où le matériel high-tech d’ailleurs. Or, les réfugiés syriens n’ont absolument pas les moyens de financer ces interventions médicales. C’est donc le programme MEDEVAC qui couvre l’ensemble des frais, c’est une aide immense pour ces gens-là qui du coup peuvent être soignés gratuitement. »

MEDEVAC en Jordanie, photo: MZV ČRMEDEVAC en Jordanie, photo: MZV ČR Ce vendredi s’achève la cinquième mission médicale tchèque en Jordanie. Cette fois-ci, l’équipe était composée de médecins de l’hôpital de Bulovka à Prague. Depuis le milieu de la semaine dernière, ils ont pu pratiquer une quinzaine d’opérations, la majorité d’entre elles sur des enfants syriens, et essentiellement pour des blessures de guerre.

D’autres missions médicales tchèques sont prévues à l’avenir dans le cadre du programme MEDEVAC. A noter qu’en novembre dernier, Prague a décidé de financer ce dernier à hauteur de 60 millions de couronnes par an (2,2 millions d’euros).