En Egypte, le chef de la diplomatie tchèque entend approfondir la coopération économique

Le ministre des Affaires étrangères Lubomír Zaorálek est jusqu’à ce mardi en visite de quatre jours en Egypte et dans le sultanat d’Oman. Son voyage vise à approfondir les relations mutuelles entre la République tchèque et ces deux pays. S’il s’agit notamment du développement d’une coopération économique, le chef de la diplomatie tchèque traitera également de la situation sécuritaire dans la région ou d’une grande exposition sur l’Egypte préparée d’ici deux ans dans le cadre du 60e anniversaire de l’Institut d’égyptologie tchèque.

Lubomír Zaorálek (à gauche), photo : ČTKLubomír Zaorálek (à gauche), photo : ČTK La République tchèque cherche de nouveaux partenaires économiques. C’est dans ce sens que le ministre de l’Industrie et du Commerce a récemment effectué un voyage en Iran, suivi actuellement d’une visite du ministre des Affaires étrangères, Lubomír Zaorálek, en Egypte et au sultanat d’Oman. Si Oman représente un nouveau marché pour la République tchèque et que le chef de la diplomatie tchèque s’y rend pour la toute première fois, l’Egypte est un partenaire de longue date, comme l’explique Břetislav Tureček, spécialiste du Proche-Orient et enseignant à Université métropolitaine de Prague :

Břetislav Tureček, photo : Alžběta Švarcová, ČRoBřetislav Tureček, photo : Alžběta Švarcová, ČRo « L’Egypte représente depuis longtemps un pays important pour la République tchèque, et précédemment pour la Tchécoslovaquie. De même que l’Union soviétique, la Tchécoslovaquie était l’alliée de l’Egypte de Nasser. A cette époque, il y avait de grandes exportations d’armes tchécoslovaques vers l’Egypte mais aussi, entre autres, d’importants échanges culturels. Donc, dans les années 1960 et 1970, la Tchécoslovaquie bénéficiait d’une renommée en Egypte qui persiste jusqu’à nos jours. »

Le commerce entre l’Egypte et la République tchèque se développe constamment, et ce malgré une période mouvementé après la Révolution égyptienne de 2011. Avec une année record d’échanges tchéco-égyptiens en 2014, l’Egypte est désormais le plus grand partenaire de la Tchéquie dans la région. Quant au chef de la diplomatie tchèque, il s’agit d’une première visite diplomatique en Egypte depuis quatre ans. Accompagné de 23 représentants d’entreprises tchèques des secteurs de la défense et de l'aviation, Lubomír Zaorálek a inauguré ce dimanche au Caire un forum économique et a signé un accord de coopération entre les deux pays. Břetislav Tureček poursuit en indiquant que cette signature pourrait ouvrir de nouvelles possibilités pour les sociétés tchèques sur le marché égyptien :

Abdel Fattah al-Sissi, photo : Archives d'Administration du président de Russie, CC BY 3.0Abdel Fattah al-Sissi, photo : Archives d'Administration du président de Russie, CC BY 3.0 « Ils cherchent de nouveaux produits compétitifs et les références du passé ne jouent pas un rôle très important. Parmi les articles que peut offrir la République tchèque, ce sont notamment des produits du génie mécanique ou des systèmes de transport. La délégation économique est donc composée de représentants de ces domaines. »

Après sa réunion avec le ministre de la Défense et de la Production militaire, M. Zaorálek rencontrera également son homologue égyptien et le président Abdel Fattah al-Sissi ce lundi. Si le gouvernement se félicite de cette coopération, Břetislav Tureček révèle quelques problèmes qui pourraient apparaître :

« En ce qui concerne l’Egypte, j’ai des craintes sur les répercussions de la situation politique intérieure sur les relations de l’Egypte et des pays européens. Nous ne pouvons pas prétendre que l’Egypte est un pays démocratique. Il s’agit d’un régime semi-militaire avec des milliers de prisonniers politiques. Il se peut que les pays européens soient obligés de mettre en place certaines restrictions. Je crois que c’est en ce moment le plus grand risque. »

Bachar el-Assad, photo : Archives d'Administration du président de Russie, CC BY 4.0Bachar el-Assad, photo : Archives d'Administration du président de Russie, CC BY 4.0 Parmi les autres objectifs de ce voyage en Egypte, c’était notamment l’introduction d’une discussion sur la question sécuritaire dans la région. M. Zaorálek a à cette occasion reconnu que la diplomatie tchèque était en négociations avec le régime du président syrien Bachar el-Assad à Damas. En Egypte, le ministre a également rencontré les représentants de l’opposition syrienne au Caire. Après la réunion, il a affirmé que les priorités des opposants syriens sont identiques à celles du gouvernement tchèque et qu’ils s’étaient mis d’accord notamment sur la nécessité de mettre un terme aux violences et de créer ainsi les conditions pour permettre aux réfugiés syriens de retourner dans leur patrie. Le chef de la diplomatie tchèque a également souligné la nécessité des pourparlers entre l’opposition et les représentants du régime actuel qui se tiennent ces jours-ci à Genève. Il a néanmoins ajouté que le gouvernement tchèque ne souhaitait pas anticiper les résultats de ces débats.

Lors de son voyage en Egypte, Lubomír Zaoralek a également visité le site archéologique d’Abousir où des recherches sont menées, depuis les années 1970, par l’Institut d’égyptologie tchèque qui peut se targuer de nombreuses réussites dans ce domaine, comme au début de l’année dernière avec la découverte du tombeau d’une reine pharaonique jusqu’alors inconnue. Prochainement, le ministre a promis d’accorder son soutien et son patronage à une grande exposition égyptologique organisée à l’occasion du 60e anniversaire de l’Institut qui se tiendra dans deux ans dans le bâtiment du Musée national qui devrait être nouvellement inauguré en 2018 après une longue reconstruction.