En attendant une nouvelle configuration de la scène politique

A un peu plus de deux mois des élections législatives, qui auront lieu les 28 et 29 mai prochains, les partis politiques en lice entament leur campagne électorale, tandis qu’une partie de la société civile, qui prône le « changement », se mobilise.

'Nous votons pour les Verts', photo: CTK'Nous votons pour les Verts', photo: CTK « Nous votons pour les Verts » : tel est le slogan de l’initiative présentée, mardi, par plusieurs dizaines d’intellectuels et artistes et soutenue par une figure de taille, Václav Havel. « Vert » depuis un certain temps déjà, l’ex-président a précisé à cette occasion :

« Je déplore la façon dont nous nous comportons à l’égard de notre pays. Je déplore l’aménagement de notre paysage, ainsi que la prolifération d’habitations dépourvue de toute conception. Ce sont des choses qui me tiennent à cœur depuis toujours. »

Václav Havel, photo: CTKVáclav Havel, photo: CTK Les responsables de l’initiative soulignent aussi qu’ils « ne veulent pas être une proie des partis qui ont entraîné la démocratie tchèque et l’économie nationale dans de graves problèmes ». Pour eux, « les Verts sont une garantie des idéaux de la révolution de velours de 1989 ».

Pourtant, d’après de récents sondages, les Verts ne sont pas sûrs de dépasser les 5%, pourcentage minimal de suffrages permettant d’être représentés à la Chambre des députés, comme ils y sont parvenus pour la première fois il y a quatre ans de cela. Radek John, photo: CTKRadek John, photo: CTK En revanche, toujours à en croire les sondages, les deux nouvelles formations, TOP 09 de Karel Schwarzenberg, et Les affaires publiques (Věci veřejné, VV) de l’écrivain et ancien journaliste Radek John, ont des chances réelles de franchir cette barre magique des 5% : une preuve que la soif d’un certain remaniement de l’échiquier politique est actuellement plus forte que jamais au sein de la société tchèque.

Le congrès du Parti social-démocrate, photo: CTKLe congrès du Parti social-démocrate, photo: CTK Ceci dit, c’est toujours le Parti social-démocrate (CSSD) qui est crédité des plus fortes intentions de vote. Les socialistes devanceraient, pour l’instant, d’environ 8 % leur rival numéro un, le Parti civique démocrate (ODS), principale formation de droite. Tandis que le CSSD a présenté ses priorités de programme lors de son congrès, le week-end écoulé, l’ODS a pour sa part officiellement ouvert sa campagne ce mercredi. Son leader, Mirek Topolánek :

Mirek Topolánek, photo: CTKMirek Topolánek, photo: CTK « Nous présentons aujourd’hui notre ‘Groupe d’experts économiques’ (ESO) qui est la suite du précédent Conseil économique national du gouvernement (NERV), que j’avais fondé en tant que Premier ministre. Nous nous penchons d’abord sur l’emploi et sur les solutions en vue de l’encourager. Nous avons préparé à cette fin un programme de douze points que nous présentons dès maintenant au public. »

Même si l’on peut s’attendre, à l’issue des prochaines élections législatives, à la traditionnelle prédominance des deux « principaux » partis, le CSSD et l’ODS, beaucoup d’observateurs estiment cependant qu’elle sera quand même moins importante que par le passé. Le président de la République, Václav Klaus, n’exclut pas d’ailleurs « des tourbillons inouïs et imprévus de notre carte politique ».