Faits et événements « Elle avait les yeux verts » d'Arnošt Lustig publié en français
Les éditions Galaade, en France, ont récemment publié « Elle avait les yeux verts » de l’écrivain tchèque Arnošt Lustig. C’est la première fois que cet auteur est publié en français. Emmanuelle Collas, directrice de publication de la maison Galaade, nous rappelle le sujet de ce roman :
« C’est un livre qu’il est difficile de résumer parce qu’il y a
plusieurs entrées. C’est l’histoire d’une jeune femme qui se trouve
à Auschwitz, qui a plusieurs étapes, va devoir choisir de vivre ou de
mourir. Elle est sur la rampe d’Auschwitz et elle fait le choix de la
vie
quitte à mentir sur son identité. Tout le début du livre se passe tout
simplement dans un bordel à côté d’Auschwitz, où cette jeune fille
se
trouve, elle qui n’est pas du tout préparée à devenir une
prostituée.
Elle fait le choix de se prostituer au service de l’Allemagne parce
qu’elle se fait passer pour une aryenne. Pendant 21 jours, cette jeune
femme va se retrouver dans un autre rôle qu’est le sien : elle est
censée être aryenne alors qu’en réalité elle est juive, elle se
prostitue alors qu’elle n’a que 15 ans. Toute cette histoire, c’est
ce nœud de culpabilité, ce jeu d’identité. La deuxième partie est
celle d’une rédemption. »
Qu’est-ce qui vous a séduite et pourquoi avez-vous décidé de publier ce livre ?
Emmanuelle Collas, photo: www.buchmesse.de « Ce roman est d’abord le roman d’une femme. Aux éditions Galaade,
la politique éditoriale est tournée vers des thématiques, et parmi
celles-ci il y a la femme. C’est un vrai portrait de femme qui m’a
séduite, et aussi c’est toute une réflexion sur l’identité. C’est
la première raison pour laquelle j’ai été séduite par ce texte,
cette
héroïne, et puis par cet auteur qui est un écrivain qui réfléchit sur
la Shoah, il en est lui-même rescapé. Il offre un point de vue
complètement différent, décalé par rapport à ce qui s’écrit sur la
Shoah, justement parce qu’il passe par les femmes qui sont capables de
prendre d’autres décisions que les hommes dans une période de crise,
où les conventions n’existent plus, puisque la morale n’existe plus.
Puis j’ai été séduite par son écriture très forte, sans pathos : il
dit les choses sans jamais larmoyer. C’est extrêmement dur, mais ça
finit bien, il y a une vraie rédemption. »
Quelles sont les réactions de la presse en France à cette nouvelle publication ?
Arnošt Lustig « Il y a une vraie rumeur depuis quelques temps sur Arnost Lustig portée
d’abord par les libraires. J’ai d’abord donné les épreuves à un
certain nombre de libraires au mois de mai, je n’avais donné qu’un
bout, et ils m’ont demandé la suite. Ce livre est d’abord porté par
des libraires. En tout cas il commence à avoir quelque chose : à chaque
fois que des gens ont lu ce livre ils le portent. Et récemment nous avons
eu un bel article dans Le Monde, donc ça commence. »
Avez-vous l’intention de publier d’autres ouvrages d’Arnost Lustig qui a publié beaucoup de romans ?
« Oui. Je ne lis pas le tchèque, il y avait des traductions faites par des amis d’Arnost Lustig qui se promenaient un peu partout. Donc moi, je refais faire les traductions parce que je trouve que c’est très important qu’il y ait une très bonne traduction des textes, qui rende la langue et donc, c’est un vrai travail de traduction et d’édition. J’ai lu d’autres textes d’Arnost Lustig, je souhaite continuer à le publier et à le faire connaître en France. C’est un travail à court, à moyen et à long terme. »









