Faits et événements Elections législatives : la campagne ne passionne pas les Tchèques
Les élections législatives se dérouleront en République tchèque les vendredi 2 et samedi 3 juin prochains. A six semaines d'un scrutin qui, selon les derniers sondages, pourrait marquer la fin de huit ans de gouvernement social-démocrate et le retour aux affaires du Parti civique-démocrate, la campagne électorale bat d'ores et déjà son plein, mais ne passionne pas les foules.
Photo: CTK
Mardi, suite à un tirage au sort effectué par la Commission électorale,
chacune des listes des vingt-six partis et mouvements de toutes tendances
qui tendent à intégrer la Chambre basse du Parlement composée de deux
cents députés s'est vu attribuer un numéro d'ordre. Un détail, certes,
mais l'attention portée par les médias à cette formalité administrative
sans la moindre importance témoigne du fait que l'échéance politique de
l'année dans le pays approche à grands pas. Pour l'anecdote, notons tout
de même que le numéro un est revenu au Parti du bon sens et le numéro
vingt-six, soit le dernier, au Parti de l'Egalité des chances, une
formation constituée de femmes. Bref, les deux bouts pour deux « extrêmes » qui n'ont pratiquement aucune chance d'atteindre les 5 % indispensables
pour siéger à la Chambre des députés.
Jiri Paroubek et Mirek Topolanek
Car comme de tradition, ce sont les deux poids lourds de la scène
politique tchèque de ces dernières années, le Parti social-démocrate CSSD
et le Parti civique-démocrate ODS, qui se partagent les préférences des
électeurs. Le duel dans lequel tous les coups ou presque sont permis entre
le Premier ministre en poste, Jiri Paroubek, et Mirek Topolanek, leader de
l'ODS, principale formation de l'opposition, remplit les pages des
journaux, mais n'intéresse que très modérément des citoyens tchèques dont
beaucoup sont lassés par les scandales, un débat de fond qu'ils estiment
stérile et de vaines promesses électorales. En mars dernier, ils n'étaient
d'ailleurs que 66 % à déclarer vouloir se rendre aux urnes, taux de
participation très éloigné des 97 % et 85 % de la population qui s'étaient
rendus dans les bureaux de vote lors des élections en 1990 et 1992 au
lendemain de la révolution. Et pour peu qu'il fasse un rayon de soleil
lors du premier week-end de juin, tout laisse à penser que ce chiffre sera
même inférieur à 60 %, comme cela fut déjà le cas il y a quatre ans de
cela.





