Egyptologie tchèque : découverte d’un temple de Ramsès II à Abousir

Les égyptologues tchèques ont réalisé une nouvelle découverte importante. Une équipe de l’Institut tchèque d’égyptologie de la Faculté des lettres de l’Université Charles a en effet mis au jour sur le site d’Abousir un temple oublié du pharaon Ramsès II.

Photo: ČTKPhoto: ČTK Le temple, consacré au dieu solaire Râ et construit entre 1279 et 1213 avant J.-C., est le premier du genre construit par Ramsès II, aussi appelé Ramsès le Grand, sur les nécropoles de Saqqarah et d’Abousir. Ces sites archéologiques, situés à environ vingt-cinq kilomètres au sud du Caire, sont connus notamment pour les pyramides de différents pharaons de la Ve dynastie, soit environ 2 500 ans avant J.-C.. D’après le responsable de l’expédition tchèque à Abousir et directeur de l’Institut tchèque d’égyptologie, Miroslav Bárta, ces vestiges témoignent des activités religieuses et de construction uniques du troisième pharaon de la XIXe dynastie dans la région de Memphis, la capitale de l’Egypte antique durant tout l’Ancien Empire (de 2700 à 2200 avant notre ère) et cité importante tout au long de l’histoire égyptienne.

L’enceinte mesure 32 mètres sur 51. L’entrée du temple était assurée par un pylône, une porte monumentale encadrée de deux tours et bâtie en briques crues. Derrière le pylône se trouvait une grande cour qui donnait sur une petite cour et deux bâtiments servant de dépôts. D’après Miroslav Bárta, il s’agissait néanmoins tout d’abord d’un édifice religieux :

Photo: ČTKPhoto: ČTK « Les dépôts n’étaient pas situés à l’intérieur du temple mais dans ses proches environs. Ils servaient pour stocker des offrandes utilisées pour les cultes mais aussi l’équipement du temple – des outils en pierre et en métal, des vases, de la céramique, des tissus, etc. »

L’ensemble du temple comprend également un sanctuaire en pierre, divisé à l’époque en trois pièces séparées. C’est là que les égyptologues ont découvert de nombreux fragments de différents reliefs peints et gravures prouvant la présence de Ramsès II. Pour Miroslav Bárta, ces trouvailles sont une source d’informations très précieuse et qui pourraient aider d’une part à se faire une idée plus précise des décorations du lieu, d’autre part à identifier la fonction du temple et à mieux dater sa création. Les égyptologues ont pour l’instant passé deux saisons à explorer le site :

« Chaque saison s’étale sur quatre à cinq semaines. Pour l’instant, nous avons fouillé et documenté une grande partie du temple. Dans les mois à venir, une équipe d’experts examinera et interprétera les objets trouvés. »

La trouvaille a été une vraie surprise. C’est ce qu’a encore indiqué l’égyptologue Miroslav Bárta pour la Télévision tchèque :

Miroslav Bárta, photo: Jan Sklenář, ČRoMiroslav Bárta, photo: Jan Sklenář, ČRo « Les temples n’étaient généralement pas construits dans les nécropoles. Nous étions donc très surpris parce que le temple est érigé à l’emplacement de tombeaux qui y avaient été construits de 1200 à 1300 ans avant la création du temple. Nous étions au courant de l’existence d’une grande structure sur ce lieu grâce aux images satellites et aux méthodes géophysiques mais nous ne doutions pas qu’il s’agirait d’un temple de Ramsès II. »

Les dernières prospections du temple se sont déroulées en septembre dernier. La découverte n’a toutefois été révélée au public que dimanche dernier, suite à l’autorisation du ministère égyptien des Antiquités.

Photo: ČTKPhoto: ČTK Les égyptologues tchèques, qui possèdent une concession sur le site d’Abousir où ils mènent leurs recherches depuis les années 1970, jouissent d’une renommée mondiale. Leurs découvertes sont souvent mentionnées par différents médias tchèques et étrangers. Parmi les plus importantes, la trouvaille du tombeau d’une reine pharaonique jusqu’alors inconnue, l’épouse du pharaon Néferefrê Khant Kaous III, a été citée parmi les dix plus grandes découvertes archéologiques de l’année 2015 selon le magazine spécialisé en ligne HeritageDaily. En 2013, le magazine avait également mentionné une autre découverte de cette même équipe de Miroslav Bárta, celle de la sépulture d’un médecin en chef des pharaons.