Faits et événements Eduard Janota : « Sans grandes réformes, pas d’euro avant 2015 »
C’est une certitude, ou presque : la République tchèque n’adoptera pas l’euro avant 2015 au mieux. C’est ce qu’a annoncé, mardi, le ministre des Finances. Pessimiste sur l’évolution du déficit public dans les années à venir, Eduard Janota a indiqué que sans des réformes d’envergure, non seulement la monnaie unique européenne ne pourrait pas être adoptée, mais la crédibilité de la République tchèque sur les marchés financiers se détériorerait considérablement.
Georges Papaconstantinou, photo: CTK
Georges Papaconstantinou, le ministre grec des Finances, a passé un sale
quart d’heure à Bruxelles, mardi. Ses collègues des Vingt-sept se sont
en effet inquiétés de la capacité de la Grèce à financer sa dette
publique. Celle-ci, dont le montant s’élève à 120 % de son PIB, est
une des plus lourdes en Europe. Elle le sera même encore un peu plus en
janvier 2011, puisque pour cette année, Athènes prévoit déjà un
déficit de 12,7 % de son PIB, très loin de la limite des 3 % exigés par
l’Union européenne. Bruxelles réclame donc logiquement l’adoption au
plus vite de vastes réformes devant permettre à la Grèce de sortir un
peu la tête de l’eau.
La République tchèque, elle, ne se trouve pas encore dans une situation
aussi catastrophique. Mais pour 2010, elle prévoit cependant également un
déficit record de 6,5 milliards d’euros, soit 5,5 % de son PIB, autant
de chiffres qui s’ajoutent au déficit d’au moins 6,5 % annoncé pour
2009. C’est une évidence depuis quelques années : le trou dans les
caisses de l’Etat s’approfondit un peu plus à la fin de chaque
exercice. Malgré tout, Eduard Janota estime que la République tchèque
n’est pas encore menacée de faillite comme la Grèce, ou la Hongrie
avant elle :
Eduard Janota, photo: CTK
« Je crois fermement que non. Néanmoins, notre programme de convergence
pour 2011 et 2012 constate très clairement que si nous ne prenons pas de
mesures législatives, tant au niveau des recettes que des dépenses, nous
serons dans l’incapacité de mettre sur pied un budget avec un déficit
inférieur à 5,5 % du PIB. Le Conseil ECOFIN ne va pas laisser passer ça
et nous pouvons nous attendre prochainement à des remontrances. »
Le plus inquiétant selon le ministre des Finances est que la République tchèque possède aujourd’hui un déficit structurel dont il a évalué le montant à 100 milliards de couronnes (environ 4 milliards d’euros). C’est pourquoi il appelle, comme la majorité des analystes, à des réformes « indispensables ». Elles le sont d’autant plus que le gouvernement remettra bientôt à Bruxelles son programme de convergence pour l’après 2011 dans lequel elle fixera ses objectifs pour l’adoption de l’euro. Mais Eduard Janota se montre pessimiste sur l’éventualité d’une adoption prochaine de la monnaie européenne :
« Si des transformations législatives ne sont pas entreprises, ce sera
impossible. Dans l’état actuel des choses, aucun de mes successeurs,
quel qu’il soit après les élections, ne sera en mesure d’établir un
budget de l’Etat meilleur, du point de vue du déficit, que celui que
nous sommes parvenus à établir pour 2010. »
Or, en cette année d’élections législatives encore moins que jamais, aucune réforme d’envergure ne figure parmi les priorités des partis politiques. En décembre prochain, la République tchèque se sera donc très probablement un peu plus rapprochée de la Grèce et un peu plus éloignée de l’euro.








