Faits et événements Echec de la dernière tentative en date pour faire interdire le KSČM
22 ans après la chute du régime, l’interdiction du parti communiste de Bohême et de Moravie, le KSČM, est un sujet dont on parle régulièrement en République tchèque, sans jamais que les initiatives aient abouti. La dernière en date, qui devait être ficelée par le ministère de l’Intérieur, semble également échouer. Ce nouvel échec potentiel a provoqué de vives réactions au sein du gouvernement.
Alexandr Vondra, photo: CTK
Il est l’un des rares anciens dissidents à avoir encore des
responsabilités politiques aujourd’hui : Alexandr Vondra, le ministre de
la Défense du parti ODS, a été le premier à critiquer son collègue de
l’Intérieur, Jan Kubice, pour ne pas avoir rempli la mission confiée
par le gouvernement.
« Le ministère des Finances, à la demande du gouvernement, avait pour tâche de préparer pour la juridiction administrative une proposition d’interdiction en accord avec l’initiative du Sénat. Le ministère n’a pas fait cette proposition, il a seulement remis quatre analyses… La question est de savoir si le ministère de l’Intérieur doit se lancer dans des analyses historiographiques compliquées. Selon moi, il est un peu tard et cela aurait dû être fait depuis longtemps. »
Jan Kubice
Jan Kubice, le ministre de l’Intérieur, a indiqué qu’il n’y avait
pas d’éléments suffisants pour faire interdire le Parti communiste,
selon les quatre différentes analyses d’experts, qui concluent que le
KSČM ne met pas en danger la démocratie.
Pour Alexandr Vondra, la seule solution serait désormais d’essayer de faire interdire le PC en invoquant la loi sur le caractère illégal du régime communiste et du parti communiste de l’époque, en laissant au juge décider si l’actuel parti est le successeur de l’ancien.
La question de l’interdiction des communistes n’a pas finie d’être posée à Prague. En début d’année, le politologue Michel Perottino avait évoqué cette dernière initiative sur Radio Prague :
Les députés du KSČM
« Ce n’est pas la première fois que certaines personnalités
politiques invitent le gouvernement à interdire le KSČM. Il faut voir
aussi que la critique du KSČM est récurrente. On a quand même souvent
dans l’histoire politique tchèque depuis 1989 des vagues
d’anticommunisme. Il est vrai que depuis quelques années, ces vagues
sont souvent liées à une volonté d’interdire le parti communiste. Il
faut bien voir aussi qu’il y a quelques mois ou quelques années la même
procédure a été appliquée aux jeunesses communistes puis, de manière
plus efficace au parti d’extrême droite, le Parti ouvrier, qui lui a
été interdit. la demande d’interdiction du KSČM émane dans une
configuration et actualité politiques un peu particulières. On peut dire
que d’une certaine manière cela ressort à chaque fois qu’il y a des
problèmes un peu plus profonds. ».
Marta Semelová « Une admiratrice de Klement Gottwald et une fan du socialisme veut
prendre la tête des communistes » : le serveur Idnes.cz faisait ce lundi
état de la potentielle candidature de Marta Semelová à la tête du parti
lors du prochain congrès, au mois de mai. Connue notamment pour ses
participations aux cérémonies en hommage au premier président de la
Tchécoslovaquie communiste, elle souhaite prendre les rênes d’un parti
qui se porte toujours bien dans les sondages et qui ne semble pas du tout
craindre son interdiction.







