East Doc Platform : des solutions pour un cinéma documentaire indépendant

Jusqu’au 9 mars, parallèlement au festival du film sur les droits de l’Homme One World, se déroule également East Doc Platform, un événement qui vise notamment à trouver des solutions financières et de distribution pour faciliter la création documentaire indépendante en Europe centrale et orientale. Rebecca De Pas travaille à Prague pour l’Institut du film documentaire qui organise cette plateforme. Elle nous en dit plus sur ce rendez-vous.

 « C’est un rendez-vous professionnel pour les cinéastes documentaires, un endroit dédié aux films en cours de finition, en cours de préparation, où les réalisateurs et producteurs de films documentaires rencontrent d’autres personnes du milieu, afin de finaliser leur projet. Cela signifie rencontrer de potentiels partenaires financiers, distributeurs ou agents de vente. C’est un programme structuré en plusieurs sections. Il y a des projets qui sont présentés dans la section Marché où il s’agit un peu du principe du ‘speed-dating’ : ils rencontrent des personnes autour d’une table, leur parlent de leur projet. Il y a aussi la section Forum où les cinéastes peuvent présenter leur projet au public avant de parler aux différents professionnels. Il y a différents types de films présentés. C’est toujours du documentaire, mais il y a des longs métrages, des courts métrages, on a une section dédiée à la réalité virtuelle et à l’interactif. C’est essentiellement un rendez-vous professionnel mais on propose aussi un programme ouvert où on invite des artistes, des gens liés à l’industrie, à faire une conférence pour tout le monde. »

Quel est le thème cette année de ce type de conférences ?

« Le thème de cette année c’est New Resistance, une thématique dont l’angle d’attaque est ouvertement politique. Avec certaines nouvelles législations, notamment ici en Europe centrale et orientale, et avec un certain climat politique ambiant, le cinéma documentaire est remis en question, la liberté d’expression aussi. La censure devient également de plus en plus présente. Donc, l’idée c’est que le cinéma documentaire peut aider à éviter certaines dérives autoritaires. »

Concrètement, quel type de projets ont déjà abouti par le passé, grâce à East Doc Platform ? Est-ce que vous auriez un exemple précis ?

« Cette année justement, pour n’en citer qu’un, il y a le film qui a ouvert la section Panorama à la Berlinale, une des sections les plus prestigieuses. Il s’agit du film tchèque When the War Comes, de Jan Gebert. Le film a été développé grâce au réalisateur et au producteur, mais aussi avec le soutien de la plateforme justement. »

East Doc Platform est organisé par l’Institut du film documentaire. Quel est la vocation première de cet institut ?

'When the War Comes', photo: One World Festival'When the War Comes', photo: One World Festival « L’Institut du film documentaire est une expérience unique en son genre en République tchèque. C’est un des instituts les plus importants dans la région de l’Europe centrale et orientale pour la promotion du cinéma documentaire indépendant. Sa vocation est d’être un point de rencontre pour les cinéastes documentaires de toute la région. L’Institut mène trois activités principales : le programme de formation Ex Oriente Film, c’est KineDok qui est une plateforme de distribution alternative pour le cinéma documentaire, et il y a East Doc Platform. Ce sont trois activités qui sont préparées ici tout au long de l’année et qui ont pour but la promotion, la présentation et l’exposition maximale des films documentaires dans les circuits de cinéma ou autres. Ensuite, l’Institut du film documentaire a une des bases de données les plus complètes et exhaustives sur la production documentaire de la région. Donc c’est aussi un outil de travail important pour les gens du secteur. »