Drogue : l’alcool et le tabac tuent 30 000 Tchèques chaque année

La consommation de cigarettes et d'alcool chez les Tchèques a augmenté ces dernières années. C'est la conclusion du rapport annuel du Centre national de surveillance des drogues, dont les résultats pour 2016 ont été communiqués lundi.

Photo: Filip Jandourek, ČRoPhoto: Filip Jandourek, ČRo On le sait bien : l’alcool et le tabagisme représentent un problème récurrent en République tchèque. Selon le rapport annuel pour 2016 du Centre national d’observation des drogues et des dépendances, 600 000 Tchèques consomment de l’alcool chaque jour, tandis que 100 000 personnes boivent au moins cinq verres quotidiennement. Le tabac est également un fléau difficile à combattre dans une République tchèque où le nombre de fumeurs est en constante augmentation : si, en 2012, 23 % des Tchèques fumaient au moins une cigarette chaque jour. Ils sont désormais 27 % à avoir cette habitude. Ainsi, 2,4 millions de personnes en Tchéquie fument quotidiennement. Le rapport pour l’année 2017 montrera si l’interdiction de la cigarette dans les bars et restaurants au printemps dernier aura contribué à changer la donne. Comme indiqué par les auteurs du rapport, chaque année, les conséquences de la consommation d’alcool et de tabac sont responsables de 30 000 décès en République tchèque. On écoute le coordinateur de lutte anti-drogue Jindřich Vobořil :

Jindřich Vobořil, photo: Marián Vojtek, ČRoJindřich Vobořil, photo: Marián Vojtek, ČRo « La consommation d’alcool représente chez nous un risque immense, beaucoup plus important que l’usage de certaines drogues illégales. Les gens ont toujours du mal à y croire. Certes, la surconsommation d’alcool et ses conséquences tuent environ 5 000 personnes chaque année, mais ce qui reste négligé par la société, ce sont des phénomènes pourtant très fréquents liés à l’alcoolisme, à savoir la violence familiale, l’abus ou la maltraitance des enfants, la petite criminalité. Nous élaborons en ce moment une conception de la politique anti-drogue pour les neuf prochaines années et je pense que nous devrions aussi y inclure un débat sur l’augmentation des taxes sur l’alcool. Outre cela, nous devrions penser au traitement et à la prévention de l’alcoolisme – les moyens financiers dont nous disposons dans ce domaine restent insuffisants. »

Photo: Archives de Radio PraguePhoto: Archives de Radio Prague Pour ce qui est des drogues considérées comme « dures », notamment les opiacés ou la pervitine, une forme de méthamphétamine qui reste la drogue la plus répandue en Tchéquie, leur consommation a baissé pour la première fois depuis neuf ans. Cette baisse est marquante notamment chez les consommateurs d’héroïne dont le nombre est actuellement évalué à 3 500. En revanche, les toxicomanes se tournent davantage vers des opiacés moins chers et moins dangereux que l’héroïne, à savoir la buprénorphine, consommée régulièrement par environ 7 000 personnes, ou encore vers des substances extraites des pansements contre la douleur.