Faits et événements Dominik Duka nommé à la tête de l’Eglise tchèque
Fin du suspense sur le nom du nouveau chef de l’Eglise tchèque. Samedi, le Vatican a fait savoir que c’est Dominik Duka, actuel évêque de Hradec Králové, qui prendrait la suite de Miloslav Vlk. Celui-ci avait annoncé depuis longtemps son intention de quitter ses fonctions en raison de son grand âge, après 19 ans à la tête de l’archevêché de Prague. Portrait de Dominik Duka et enjeux de cette nomination.
Dominik Duka, photo: CTK
Le changement dans la continuité, c’est ainsi que l’on peut définir
assez classiquement la nomination de Dominik Duka, actuel évêque de
Hradec Králové pour succéder à Miloslav Vlk. Considéré comme une
personne conservatrice et cultivée, Dominik Duka ne devrait pas être
l’homme qui révolutionnera et réformera l’Eglise tchèque en
profondeur. Sa tâche devrait s’inscrire dans la suite logique des
dernières années, avec pour objectif le règlement des problèmes issus
de près d’un demi-siècle de communisme dans le pays. Parmi ceux-ci, la
question du concordat entre la République tchèque et le Vatican, signé,
mais pas encore ratifié par le Parlement ou encore le dossier relatif à
la cathédrale Saint-Guy à Prague, bâtiment que se disputent l’Eglise
et l’Etat depuis la révolution de velours. Dans ce contexte subsiste
évidemment aussi l’épineuse question des restitutions des biens de
l’Eglise confisqués par les communistes après 1948. Un dossier qui est
le cheval de bataille de Dominik Duka :
« C’est le leitmotiv de ma vie. C’est une question qui concerne quelques points non résolus qui doivent être réglés par le gouvernement tchèque. Cette situation dure depuis des années et bloque de nombreuses communes et régions. Elle provoque également un certain malaise au sein de la société, ou même au sein de l’Eglise. Mais depuis le début, la devise de l’Eglise, de toutes les églises est la suivante : nous voulons un accord qui soit positif pour toute la société et pour l’Eglise, nous souhaitons que la situation soit réglée. »
Daniel Herman
Agé de 66 ans, le dominicain Dominik Duka est né à Hradec Králové dont
il est devenu l’évêque en 1998. Consacré prêtre en 1970, très vite,
son autorisation d’exercer lui est retirée, il passe deux ans en prison
au début des années 1980 et travaillera jusqu’en 1989 dans les usines
Škoda à Plzeň. Considéré comme conservateur, Dominik Duka est aussi
réputé pour son carnet d’adresse politique. Daniel Herman, ancien
porte-parole de la conférence des évêques tchèques.
« Il s’agit d’une personne pondérée, c’est un diplomate qui sait ce qu’est un bon compromis. Il sait jusqu’où il peut ou ne pas aller. »
Autre grand enjeu, qui n’est évidemment pas seulement celui de Dominik Duka, mais celui de l’ensemble de l’Eglise tchèque, voire des autres confessions de République tchèque, la question de la foi dans un pays considéré comme le plus athée d’Europe. Dominik Duka :
Dominik Duka, photo: CTK
« Il est vrai que quand on me voit, j’ai un certain désavantage, on
voit que je suis né dans la première partie du XXe siècle. Je suis donc
un peu un monument historique protégé ! Mais je pense que l’assemblée
plénière de 2005 a clairement dit qu’il fallait un dialogue ouvert avec
la société dans un esprit de réconciliation. Nous en sommes conscients,
et nous demandons un peu d’indulgence car pendant les 20 ans qui ont
suivi 50 ans de communisme, l’Eglise a dû créer ses infrastructures et
faire face à différents courants d’opinion en son sein. Aujourd’hui
nous devons nous tourner vers la nouvelle génération qui a été
baptisée, a entendu parler de l’Eglise par ses parents et
grands-parents, nous devons trouver un moyen de parler de dieu et de
l’homme au XXIe siècle. »
Dominik Duka devrait entrer dans ses nouvelles fonctions d’archevêque au cours des deux mois qui viennent.






