Faits et événements « Do you speak english ? » Les Tchèques ne comprennent pas…
C’est la fin du mythe qui faisait des Tchèques un peuple doué pour les langues étrangères. Un récent sondage effectué par l’Institut pour les analyses sociales et économiques (ISEA) démontre que 54% de la population tchèque ne maîtrise aucune langue étrangère.
Petr Matějů
Selon cette enquête, seuls 27% des Tchèques sont capables de communiquer
en anglais, 22% de la population a une bonne connaissance de l’allemand.
Le sociologue Petr Matějů, qui a mené l’enquête, se dit très surpris
par le fait que, d’après le sondage, 23% des diplômés des écoles
supérieures ne s’expriment ni en anglais ni en allemand. « Je ne
comprends pas comment ils ont fait pour étudier la littérature
étrangère », dit-il. Comment Petr Matějů explique-t-il cette faible
connaissance des langues en République tchèque ?
« Nous sommes, depuis vingt ans, un pays ouvert, qui intègre les structures mondiales, nous voyageons librement, etc., mais il semble que nous ne nous sommes pas appropriés l’éducation bilingue, comme c’est le cas des autres pays où l’on ne parle pas une langue internationale. Chez nous, le modèle d’apprentissage des langues de l’initiative des parents ne marche pas vraiment. Le problème des écoles n’est pas de mal enseigner les langues aux élèves ou de ne pas leur proposer un choix suffisant de langues étrangères. Mais apparemment, elles ne motivent pas assez les enfants comme le font les familles dans des pays bilingues ou trilingues. Peut-être que dans plusieurs dizaines d’années, nous serons au même niveau que les Pays-Bas ou la Finlande. »
Le sondage a accordé une attention particulière à l’allemand – la
deuxième langue étrangère en République tchèque. Bien que 77% des
Tchèques trouvent sa connaissance utile au niveau professionnel, du fait
de la proximité géographique de l’Allemagne et de l’Autriche, en
réalité, ils encouragent leurs enfants à apprendre l’anglais. Le
nombre d’élèves qui apprennent l’allemand a baissé de 105 000 depuis
2004. Pourtant, selon les données de la Chambre de commerce
tchéco-allemande, deux tiers des investisseurs allemands en République
tchèque exigent une connaissance de la langue de Goethe chez leurs
employés. Curieusement, dans les résultats du sondage publiés dans la
presse ne figurent pas les langues romanes. Petr Matějů :
« Cette enquête a été axée sur cinq langues, parmi lesquelles le
français et l’espagnol. Les personnes sondées n’ont pas indiqué une
grande importance de ces langues pour leur vie privée et professionnelle.
Nous avons noté aussi que seulement 3 ou 4% des sondés maîtrisaient
vraiment ces langues. Evidemment, le français était, dans le passé,
très prisé des Tchèques. Maintenant, c’est aux écoles et aux familles
de motiver les enfants à apprendre ces langues. »
En République tchèque, l’apprentissage de l’anglais est obligatoire dès la troisième année de l’école primaire. Le ministre de l’Education, Josef Dobeš, entend introduire une deuxième langue étrangère obligatoire à partir de la septième année de scolarité : il a déjà fait savoir que son choix se porterait sur l’allemand ou le russe.








