Faits et événements Disparition du peintre Zdeněk Sýkora à l’âge de 91 ans
L’an dernier, une grande exposition à la Galerie nationale de Prague rendait hommage au peintre Zdeněk Sýkora, à l’occasion de son 90e anniversaire. Visiblement en forme malgré son âge avancé, l’artiste s’est pourtant éteint mardi à l’âge de 91 ans.
Zdeněk Sýkora
Né en 1920 à Louny, Zdeněk Sýkora avait commencé par expérimenter la
peinture surréaliste et cubiste. A partir de la fin des années 1940, le
peintre tchèque commence à s’intéresser à la peinture de paysages,
thème qui est resté cher son cœur jusqu'à la fin de sa vie. Tomáš
Vlček est l’actuel directeur de la collection d’art moderne et
contemporain à la Galerie de la ville de Prague :
L'arbre, 1959
« Il fait sans aucun doute partie des artistes les plus importants de la
seconde moitié du XIXe siècle. Il a enrichi de manière fondamentale une
certaine tendance que personne d’autre n’a autant enrichi : il s’agit
de la création conceptuelle dans le domaine de la géométrie,
d’opérations créatives à partir d’un ordinateur. S’il existe une
tendance de l’art conceptuel qui utilise la géométrie, celle-ci a fini
par s’épuiser. Or, Zdeněk Sýkora était un peintre avant tout, qui
avait une vraie sensibilité vis-à-vis des paysages et du monde qui
l’entourait. Les paramètres de la géométrie et sa recherche incessante
étaient chez lui complètement différents des autres créateurs dans le
monde. »
Lignes
Pionnier de l'utilisation de l'informatique dans la peinture, c’est la
ligne qui devient à partir des années 1970 un des aspects
caractéristiques de sa création : la forme de la ligne, son épaisseur,
les couleurs et les entrecroisements de ces lacets de peinture sont
déterminés par des chiffres générés au hasard par un ordinateur. A
cette époque également, fasciné par les mathématiques ou encore la
théorie du chaos Zdeněk Sýkora travaille ses tableaux en déterminant le
nombre de lignes ou la couleur de sa toile en jetant des dés.
Paradoxalement, Zdeněk Sýkora affirmait au début de sa carrière
artistique qu’il n’aimait l’abstraction, or c’est justement vers
celle-ci qu’il se dirigera par la suite. Tomáš Vlček :
Lignes
« Tout le problème réside dans la notion même d’abstraction. Cette
mode ou ce mouvement qui a compté pendant la première moitié du XXe
siècle, a fini par être dépassée après la seconde guerre mondiale. Des
tendances contraires ont fait leur apparition. Mais Zdeněk Sýkora, lui, a
toujours cherché l’ordre. Il n’a jamais été capable d’éliminer
une dimension de sa création : l’harmonie. Il admirait Matisse, il
admirait les grands peintres. Il ne voulait rien d’autre que de
poursuivre leur œuvre. »
Certains historiens de l’art ont comparé les peintures de Zdeněk Sýkora à de la calligraphie, et ce, en dépit du fait que l’on ne perçoive jamais les traits du pinceau. D’autres mettent aussi en parallèle ses tableaux avec des partitions de musique contemporaine. Une seule chose est sûre : Zdeněk Sýkora est resté fidèle toute sa vie aux deux choses qui le fascinaient, les paysages et les sciences.
Le Musée Kampa a fait savoir qu’il avait l’intention d’organiser
une exposition des œuvres du peintre disparu. Dès le lundi 18 juillet,
les espaces du Musée proposeront près d’une vingtaine d’œuvres
graphiques ainsi qu’un tableau de Zdeněk Sýkora, en hommage à son
travail.
Aujourd’hui, les œuvres de Zdeněk Sýkora font partie des plus grandes collections mondiales. D’ailleurs il est, après František Kupka, le deuxième artiste tchèque à avoir une de ses œuvres au Centre Pompidou à Paris.






