Faits et événements Devant le Parlement européen, Václav Havel a critiqué l’euroscepticisme de Václav Klaus
Invité dans le cadre d’un débat sur le thème «Qu’est-ce que l’Europe signifie pour moi», débat organisé à l’occasion des célébrations du 20e anniversaire de la chute des régimes communistes en Europe centrale et orientale, Václav Havel a prononcé, mercredi, devant le Parlement européen un discours qui a marqué les esprits. L’ancien président tchèque, grande figure de la révolution de 1989, a notamment critiqué son successeur au Château de Prague, Václav Klaus, pour ses positions eurosceptiques.
Václav Havel et Jerzy Buzek, photo: CTK
Comme le remarque en une de son édition de jeudi le quotidien
Hospodařské noviny, la République tchèque était représentée,
mercredi, à Bruxelles, par un président que l’Union européenne
préfère aujourd’hui nettement écouter que Václav Klaus. Aux côtés
de Jerzy Buzek, ancien responsable important du mouvement Solidarnosc en
Pologne devenu depuis président du Parlement européen, Václav Havel a
ouvert la session par un plaidoyer pour une Europe solidaire. L’ancien
dissident devenu président de la Tchécoslovaquie a rappelé que
l’Europe ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans la
disparition
du rideau de fer et sans la main tendue par l’Ouest aux nouveaux pays
d’Europe centrale et de l’Est. C’est donc un appel à l’humanisme
que Václav Havel a prononcé :
Václav Klaus
« Les plus grands soucis que l’Union européenne a aujourd’hui
avec
nous valent la peine d’être acceptés. Dans ce contexte, une seule
chose
peut être demandée à l’Europe : de faire preuve de compréhension et
de patience. »
Partisan d’une intégration encore plus importante, Václav Havel estime
que l’UE devait être un exemple, une source d’inspiration pour le
reste du monde dans sa volonté de construire des relations égales et
loyales entre les pays et leurs peuples. Sans jamais citer le nom de
l’actuel chef de l’Etat, il a clairement visé Václav Klaus
lorsqu’il a affirmé que ceux qui considéraient que la politique menée
par Bruxelles visait à endommager les intérêts nationaux, avaient faux
sur toute la ligne. Lors de sa signature à contrecœur du Traité de
Lisbonne, la semaine dernière, le président Václav Klaus avait
déclaré
qu’avec l’entrée en vigueur du document et le transfert de
compétences qui en découlait, la République tchèque cessait d’être
un Etat souverain. Des propos que Václav Havel a désavoués, estimant au
contraire que la souveraineté nationale et la souveraineté européenne
devaient se compléter :
Václav Havel, photo: CTK
« Ce n’est pas parce que je me sens Européen que je cesse d’être Tchèque. Au contraire, en tant que Tchèque, je suis aussi un Européen. Et l’Europe est la patrie de toutes nos patries. »
Sans surprise, c’est donc sous les applaudissements des députés
européens debout que Václav Havel a achevé son discours. Au même
endroit, il y a quelques mois de cela, en pleine présidence tchèque,
c’est à l’inverse sous les sifflets d’une partie du Parlement que
Václav Klaus avait critiqué le déficit de démocratie de la
construction
européenne et regrettait que l’Europe soit la seule alternative pour
son
pays.








