Faits et événements Déséquilibre domestique en Tchéquie... et si c'était la faute des femmes ?
Partage équitable des tâches ménagères ? Bien que plus émancipées que leurs grands-mères et mères, les femmes tchèques continuent d'en rêver... Pour un homme sur quatre, mettre quotidiennement la main à la pâte, dans l'intimité de leur foyer, est une évidence, constate le Rapport national sur la famille, élaboré par le ministère tchèque du Travail et des Affaires sociales. Les chiffres donnent lieu à tout un questionnement sur la femme tchèque d'aujourd'hui...
Modernes d'esprit, les hommes tchèques sont, selon les enquêtes, presque
unanimes : les tâches de la maison devraient être assumées par les deux
conjoints. En réalité, elles relèvent principalement de la responsabilité
de la femme : elles y consacrent deux fois plus de temps que leurs
compagnons, dans les familles avec des enfants d'âge préscolaire même
trois fois plus ! En moyenne, faire le ménage, les courses, la cuisine et
s'occuper des enfants leur prend trois heures et demie par jour, soit deux
heures de moins, il est vrai, qu'il y a trente ans, sous le socialisme pur
et dur.
Si la cuisine, par exemple, est un domaine presque exclusivement réservé aux femmes (84%), les hommes s'investissent davantage dans l'éducation des enfants. Pourtant, seul 1% d'entre eux se lance(nt) dans l'aventure du congé paternité, qui reste plutôt une exception, un luxe, vu l'écart entre les salaires des hommes et des femmes. En revanche, pour ce qui est du financement des dépenses familiales, il existe une véritable égalité dans les ménages tchèques... Du moins d'après le rapport ministériel en question.
Pas facile d'être femme en République tchèque en ce début de XXIe
siècle... A l'heure où les jeunes mères de famille sont souvent
discriminées à l'embauche, surtout à leur retour de congé maternité, où
concilier vies professionnelle et familiale relève du parcours du
combattant, elles ont du mal, et l'héritage du passé n'y est pas pour
rien, à s'émanciper au sein du couple. Elles apprennent... "Les
hommes sont prêts à les aider, mais ils ne savent pas comment. Il faut les
pousser", conseille le psychologue Josef Zeman et ajoute : "Le
rôle de la femme chez nous a changé. Elle n'est plus dépendante
matériellement de l'homme et insiste davantage pour que les tâches
domestiques soient divisées." Les mentalités seraient-elles donc en
train d'évoluer en Tchéquie ? A lire les récents propos du journaliste
Jiri X. Dolezal, dans le quotidien Lidove noviny, on ne dirait pas.
"Pour l'homme, la femme est une source de plaisir et de détente. Elle
doit s'occuper de lui et lui rendre de tels services pour qu'il puisse
tranquillement graver son nom dans l'histoire", affirme-t-il ainsi.
Une autre vedette journalistique, du petit écran cette fois-ci, et mère de
deux enfants, a dit que si son mari avait voulu prendre un congé paternité,
il l'aurait complètement dégoûtée. Et si les femmes elles-mêmes, plus
indépendantes et plus fragiles que jamais, étaient responsables de leur
mal-être ?







