Faits et événements Des tentes de réfugiés dans le centre de Prague
Un camp de réfugiés, avec des tentes de réfugiés et sanitaires, a été monté, mardi, dans le centre de Prague, dans le cadre d'une exposition organisée par Médecins sans frontières, pour sensibiliser l'opinion publique à la situation des personnes contraintes de fuir leur pays d'origine.
Photo: Nikola Hronkova, MFDnes, 5.9.07
L'exposition intitulée « Un camp de réfugiés dans le coeur de la ville »
permet aux visiteurs de vivre un instant la situation des réfugiés qui sont
actuellement au nombre de 33 millions dans le monde, selon le Comité pour
les réfugiés et les immigrants. Irena Koskova, membre de Médecins sans
frontières en République tchèque qui vient de rentrer de deux missions au
Niger et au Mozambique, nous y accompagne en expliquant comment cela se
passe sur le terrain :
Le camp de réfugiés dans le centre de Prague, photo: www.lekari-bez-hranic.cz
« Alors, ici, il y a des tentes pour loger : cette tente de type Sahara,
on l'utilise dans le désert. Elle est conçue pour 20 personnes et même
plus, elle peut être pour plusieurs familles. La plupart des réfugiés sont
des femmes et des enfants, parce que les hommes ont été tués ou ils sont à
la guerre... Il y a des camps de réfugiés où les gens restent parfois
pendant plus de dix ans. Ce que vous voyez ici, c'est un centre
nutritionnel pour le traitement de la malnutrition des enfants - il y a des
filtres pour l'épuration de l'eau, aussi des laits thérapeutiques, des
balances pour peser les enfants. Ici, vous pouvez voir la partie médicale.
Chaque personne qui arrive dans un camp de réfugiés doit être consultée par
une infirmière ou un médecin, ensuite on vaccine les enfants de moins de 15
ans, d'abord contre la rougeole car c'est une maladie très contagieuse qui
peut tuer beaucoup d'enfants. Ici, de l'autre côté, c'est la tente où l'on
traite le choléra. Les maladies qui tuent le plus sont les diarrhées et les
maladies respiratoires. Pour l'eau, c'est très difficile parce qu'il y a
beaucoup de monde, les besoins en eau sont très importants, alors la
première journée, on essaie de donner 5 litres par personne et puis on
donne jusqu'à 20 litres. Dans cette tente, c'est la cuisine : vous pouvez
voir la ration pour un adulte qui est de 2500 kcal par jour. Quand les
réfugiés arrivent dans le camp, on leur distribue du sel, du sucre, du
maïs, de l'huile et des haricots. Au début, la nourriture est distribuée
chaque semaine, et après c'est une fois par mois. »
Photo: Sergio Cechini/MSF
Fondée en 1971 en France, l'organisation humanitaire Médecins sans
frontières possède, depuis janvier 2007, un bureau permanent à Prague. Dix
médecins tchèques sont en ce moment en mission en Colombie, au Libéria, au
Tchad, au Soudan, en Ethiopie, au Mozambique, en Birmanie. L'objectif de
MSF est de soigner mais aussi de témoigner. Le docteur Ondrej Simetka,
membre de la présidence de MSF à Vienne, et qui a pris part à 7 missions,
souligne qu'il est de plus en plus difficile d'acheminer l'aide aux
réfugiés. Non seulement parce que le manque de sécurité s'aggrave, mais
aussi parce que l'aide humanitaire devient l'objet d'intérêts politiques et
militaires. En outre, aucune protection n'est accordée aux « personnes
intérieurement déplacées », comme sont définies les personnes contraintes
de quitter leur domicile tout en restant dans leur pays. MSF ne fait
toutefois pas de distinction entre les différents types de réfugiés,
souligne Ondrej Simetka:
« Chaque personne en fuite a le droit à l'assurance de ses besoins fondamentaux: l'eau, la nourriture, l'abri, la sécurité et les soins médicaux. »
L'exposition itinérante « Un camp de réfugiés dans le coeur de la ville » restera à Prague jusqu'à dimanche. Ensuite, elle se poursuivra à Berne, en Suisse, et cette année elle sera encore à voir en Italie, en Autriche et aux Etats-Unis.







