« Des médecins tchèques améliorent la qualité de vie des réfugiés syriens en Jordanie »

Au cours de cette année 2017, des médecins tchèques devraient opérer près d’un millier de Syriens réfugiés en Jordanie. Ces soins leur sont fournis dans le cadre du programme gouvernemental Medevac. Toutes les interventions sont gratuites. Selon les autorités tchèques, l’aide proposée sur place constituerait une piste de résolution aux problèmes liés aux migrations.

Jiří Pašta, photo: Štěpán MacháčekJiří Pašta, photo: Štěpán Macháček Pendant les cinq ans d’existence du projet, des dizaines de médecins tchèques de différentes spécialisations ont été envoyés en mission à Amman. Dernièrement, ce sont des ophtalmologistes qui se sont envolés pour la Jordanie.

« Regardez la lumière », demande le célèbre ophtalmologiste tchèque Jiří Pašta à une patiente dont il opère l’œil gauche. Pendant les deux semaines passées à Amman, Jiří Pašta a réalisé plus d’une centaine d’opérations. Le médecin salue la qualité des hôpitaux jordaniens :

« En ce qui concerne les opérations des yeux, ces hôpitaux ont un excellent niveau pour ce qui est du matériel disponible. Ils possèdent l’équipement le plus moderne qui existe dans le monde. »

Les médecins tchèques jouissent d’une bonne réputation auprès des réfugiés syriens en Jordanie. Leurs services sont très recherchés. Jiří Pašta :

« C’est le seul type d’aide aux réfugiés que je soutiens. Il s’agit d’une aide sur place car la Jordanie est le premier pays dans lequel les réfugiés syriens arrivent et où ils sont en sécurité. Et je le fais très volontiers. »

La Syrienne Hannan Kabbani, qui était par le passé institutrice dans une école à Damas, a été opérée récemment de l’œil :

Photo: Štěpán MacháčekPhoto: Štěpán Macháček « J’ai découvert cette possibilité grâce à une annonce qui m’a été envoyée par une amie. Je me suis inscrite et quelques jours plus tard, on m’a appelée pour m’inviter à l’opération. L’intervention a été réussie et ce médecin tchèque est très gentil. »

Hannan Kabbani s’est réfugiée en Jordanie avec sa famille il y a six ans de cela. Assise à la réception de l’hôpital, elle attend d’être opérée de son autre œil :

« Nous avons dépensé toutes nos économies en Jordanie. Je ne pourrais pas payer une telle opération. Mais cette intervention était gratuite. »

Le programme humanitaire Medevac a été créé en 1993, pendant la guerre en Yougoslavie, avec pour objectif d’apporter une aide médicale spécialisée à des populations touchées par différents conflits et catastrophes naturelles. Des médecins tchèques soignent les réfugiés syriens en Jordanie depuis cinq ans. Le nombre d’opérations réalisées, ainsi que le montant du soutien financier au projet ont bien augmenté ces dernières années. Rien que l’an dernier, le gouvernement tchèque y a consacré quelque 30 millions de couronnes (1,15 millions d’euros). D’après l’ambassadeur de la République tchèque à Amman, Petr Hladík, c’est aussi la nature des interventions médicales qui évolue :

Petr Hladík, photo: MZV ČRPetr Hladík, photo: MZV ČR « Au départ, quand la situation en Syrie était la plus grave, il fallait aider notamment les personnes souffrant de blessures liées au conflit. Aujourd’hui, nous nous efforçons plutôt d’améliorer la qualité de vie des réfugiés syriens en Jordanie. »

Chaque équipe médicale reste en Jordanie environ deux semaines. Après les ophtalmologistes, c’est au tour de chirurgiens esthétiques de venir en aide aux réfugiés syriens. Avant la fin de l’année, six autres groupes de médecins de différentes spécialisations sont attendus dans la capitale jordanienne. Petr Hladík :

« Quand des médecins tchèques arrivent en Jordanie et proposent leur aide sur place, les réfugiés concernés perdent leur motivation d’émigrer. »

L’aide tchèque à la Jordanie, pays dans lequel sont accueillis de nombreux réfugiés de la Syrie voisine, ne se réduit pas au seul programme Medevac. Cette année, la République tchèque a par exemple donné également 40 millions de couronnes (1,5 millions d’euros) à la reconstruction du camp de réfugiés d’Azraq, ce qui a aidé à améliorer les conditions de vie des quelque 30 000 personnes qu’il abrite.