Des astronomes tchèques mettent en garde contre des astéroïdes dangereux pour la Terre

Des astronomes tchèques ont découvert des astéroïdes potentiellement dangereux pour la Terre. Ils font partie d’une nouvelle branche de l’essaim météoritique des Taurides, qui passe régulièrement à proximité de notre planète. La trouvaille, qui a fait l’objet d’une publication dans la revue Astronomy and Astrophysics, témoigne du savoir-faire des observateurs du ciel tchèques.

Taurides, photo: Institut astronomique de l'Académie des Sciences de République tchèqueTaurides, photo: Institut astronomique de l'Académie des Sciences de République tchèque L’essaim des Taurides, ce réservoir d’objets célestes qui seraient issus de la comète de Encke, comporte quatre branches. Deux sont actives la nuit durant les derniers mois de l’année, deux autres le sont de fin mai jusqu’à la mi-juillet, des périodes durant lesquels il est possible d’observer de nombreuses étoiles filantes. Mais il y aurait en fait une branche supplémentaire, qui expliquerait l’activité plus élevée de l’essaim certaines années. C’est ce qu’affirment des chercheurs de l'Institut astronomique de l'Académie des Sciences de République tchèque, et parmi eux Pavel Spurný :

« La nouveauté de notre découverte, c’est que nous avons identifié une toute nouvelle branche d’éléments appartenant à l’essaim météoritique des Taurides, des éléments relativement peu actifs, qui rencontrent la Terre régulièrement. Nous avons également déterminé l’orbite précise sur laquelle ces corps se déplacent et nous nous sommes aperçus que parmi eux, on trouve surtout des petits astéroïdes, mais aussi un certain nombre d’autres longs d’une centaine de mètres, qui, évidemment peuvent être dangereux pour la planète Terre. »

Pavel Spurný, photo: Packa, CC BY-SA 2.5Pavel Spurný, photo: Packa, CC BY-SA 2.5 La découverte remonte à l’automne 2015, quand les astronomes ont l’occasion d’observer une véritable pluie de météores, avec des dizaines d’étoiles filantes dans le ciel, provenant justement de l’essaim des Taurides. Les spécialistes tchèques ne sont pas les seuls à avoir à l’époque les yeux tournés vers le ciel, mais eux ont la chance de disposer d’un réseau d’outils leur permettant de déterminer avec précision la trajectoire des bolides. Pavel Spurný :

« La différence, c’est que, pour cette observation, nous sommes dans une expérience où nous utilisons ce que nous appelons un ‘réseau de météores’. Nous utilisons des caméras spéciales, des caméras numériques automatiques de détection des météores. Sur le territoire de la République tchèque, nous disposons de treize caméras bien répartis sur treize sites. Nous en avons également une en Slovaquie et une en Autriche. Grâce à cette expérience, nous avons identifié quelque deux cents bolides. Pour 144 d’entre eux, nous avons pu calculer très précisément leur trajectoire et la branche dont ils étaient originaires avant d’entrer en collision avec la Terre. »

Or un grand nombre de ces objets géocroiseurs, qui se désintègrent en fait lorsqu’ils entrent dans l’atmosphère terrestre, provenaient de la même branche de l’essaim des Taurides. Les corps qu’on y trouve sont pour la plupart de petites dimensions, mais deux d’entre eux ont respectivement des tailles de 200 et 300 mètres, et sont donc déjà considérés comme « potentiellement dangereux ». Les astronomes tchèques affirment toutefois que leur orbite ne croise pas celle de la Terre. Mais ils n’excluent pas l’existence d’autres bolides de dimensions similaires qui pourraient eux entrer en collision avec notre planète :

« Parce que cette branche est un produit de la dislocation d’une comète, la comète Encke, il s’agit d’objets très sombres, qui reflètent très peu la lumière et qui sont donc très difficilement observables. C’est pour cela que nous estimons qu’il n’y a pas seulement ces deux grands corps, dont nous savons qu’ils ne percuteront pas la Terre dans un avenir proche, puisque nous connaissons leur orbite, mais qu’il y en a probablement d’autres dont les dimensions peuvent aller de quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres, voire au kilomètre. »

Tauride, photo: Institut astronomique de l'Académie des Sciences de République tchèqueTauride, photo: Institut astronomique de l'Académie des Sciences de République tchèque Dans ce cas, il est tout de même question d’un astéroïde susceptible de constituer un danger pour la survie même de l’espèce humaine s’il venait à s’écraser sur la Terre… Grâce à la découverte des astronomes tchèques, on sait au moins où regarder dans le ciel pour tenter d’identifier la menace. D’autres programmes de recherche existent pour essayer de prévenir le danger avec l’idée de modifier la trajectoire des astéroïdes voire, en ultime recours, de les désintégrer à l’aide d’une bombe nucléaire.