Faits et événements Démissions en cascade au lendemain des législatives
Conséquence directe et la plus immédiate du résultat des élections législatives : dès samedi après-midi, les têtes ont commencé à tomber de tous les côtés du spectre politique tchèque. A commencer du côté des grands perdants, mais aussi du côté de ceux qui semblent avoir gagné.
Jiří Paroubek, photo: CTK
C’est une victoire à la Pyrrhus que celle du parti social-démocrate
(ČSSD) à l’issue de ce scrutin législatif : malgré une apparente
victoire en terme de pourcentage avec 22,1%, c’est un coup dur pour ce
parti qui était donné favori bien au-delà de ce score somme toute moyen.
Dès samedi en fin de journée, le chef du ČSSD, Jiří Paroubek
annonçait sa démission dans les sept à dix jours... Suivi de son
conseiller électoral Jaroslav Tvrdík. Bohuslav Sobotka, nouveau numéro
un du parti, reconnaît que cet échec est un signal fort lancé par les
électeurs :
Bohuslav Sobotka, photo: CTK
« La société change, et dans les prochaines années, le parti
social-démocrate va devoir changer avec elle. Je pense qu’avec ces
élections, c’est la fin d’une ère qui a duré vingt ans. »
Mais paradoxalement, l’adversaire des sociaux-démocrates, l’ODS n’est pas épargné par ce coup de semonce. S’ils ont pu célébrer, ce n’est que dans la perspective d’une future alliance dans un gouvernement de coalition. Car au parti civique démocrate aussi, on fait les frais de l’image désastreuse donnée par l’ancien Premier ministre Mirek Topolánek avant son remplacement par Petr Nečas. Alexandr Vondra, sénateur ODS :
Pavel Bém, photo: CTK
« Si nous ne poursuivons pas le processus d'assainissement entamé par
Petr Nečas, nous pouvons à l’avenir perdre notre position de premier
parti de droite. »
Ivan Langer, photo: CTK
Dès dimanche, donc, le très médiatique maire de Prague, Pavel Bém
démissionnait de la présidence de la branche praguoise de l’ODS, après
l’échec plus que symbolique du parti dans la capitale, qui lui a
préféré TOP 09. Nombre de personnalités politiques vont disparaître
également des bancs du Parlement en raison du vote préférentiel, comme
l’ancien ministre de l’Intérieur Ivan Langer (ODS).
Cyril Svoboda, photo: CTK
Autres grands perdants de ces élections qui vont quitter la chambre basse
du Parlement : les députés chrétiens-démocrates (KDU-ČSL) dont le
parti n’a pas atteint la barre des 5% nécessaires pour entrer au
Parlement, une première depuis vingt ans. Son chef de file, Cyril Svoboda,
quitte ses fonctions et n’entend pas se représenter.
Ondřej Liška, photo: CTK
Grosse déception
aussi pour les Verts dont le leader Ondřej Liška a annoncé la démission
de la direction. Come-back raté également pour l’ancien
social-démocrate Miloš Zeman et son nouveau parti, qui lui aussi a tiré
les conséquences de ses quelque 4% de voix.
Bref, on le voit, c’est une petite bérézina dans les rangs de la plupart des partis « classiques » de l’échiquier politique tchèque. Si les leçons des échecs des uns et des autres ont été tirées à vif, reste à savoir si elles le seront sur le long terme.








