Faits et événements Décision contestée du Tribunal de Jesenik portant sur l'agression d'un couple de Roms

15-01-2004 | Alexis Rosenzweig

L'Initiative Civique Rom souhaite une révision du procès de trois jeunes qui ont attaqué un couple de Roms tchèques, Jan Ziga et sa femme, en Moravie du Nord. La décision du Tribunal de Jesenik au début du mois de janvier condamne les agresseurs à trois ans de prison avec sursis

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Trois jeunes qui ont attaqué un couple de Roms tchèques, photo: CTKTrois jeunes qui ont attaqué un couple de Roms tchèques, photo: CTK Selon le vice-président de l'organisation "Initiative Civique Rom" (ROI), le Tribunal a mal qualifié les faits, ne condamnant les accusés que pour dommages corporels. Pour Marek Polak, "les jeunes agresseurs étaient armés et avaient l'intention de causer au minimum de sérieuses blessures. Dans le cas de Mme Zigova, il aurait pu s'agir d'une tentative de meurtre". Les faits remontent à la fin du mois de juin dernier. Peter Blajze, Martin Jas et Martin Stiskala, sous l'emprise de l'alcool, tentent de s'introduire dans l'appartement de Jan Ziga et sa femme. La porte leur est ouverte, car ils prétendent appartenir aux services de police. En fait, l'un des agresseurs est le fils d'un officier de la police locale. Jan Ziga est coupé au visage et à la poitrine, et son épouse, enceinte au moment des faits, est frappée à l'oeil avec un pavé. Ce verdict a choqué la minorité rom, qui a adressé une pétition au gouvernement en vue d'obtenir un procès juste et équitable. Le vice-premier ministre Petr Mares, surpris par une condamnation aussi peu sévère, a demandé des explications au ministre de la Justice. Dusan Badi, président de l'association pour les droits de l'Homme des citoyens roms, a déclaré à l'agence de presse CTK que les victimes étaient prêtes à déposer une nouvelle plainte. La semaine dernière, Badi a rencontré Jan Jarab, le Commissaire aux Droits de l'Homme du Gouvernement et le ministre de la Justice Karel Cermak. Jan Jarab a souligné que seul le Bureau du procureur de la République pouvait changer le verdict en interjetant appel. Cinq journalistes ainsi que des musiciens pragois ont adressé une demande au procureur Ladislav Prouza pour qu'il fasse appel de la décision. Selon la loi en vigueur en République tchèque, les attaques à caractère raciste peuvent être sanctionnées par une peine allant jusqu'à dix ans de prison.

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