Faits et événements Décision contestée du Tribunal de Jesenik portant sur l'agression d'un couple de Roms
L'Initiative Civique Rom souhaite une révision du procès de trois jeunes qui ont attaqué un couple de Roms tchèques, Jan Ziga et sa femme, en Moravie du Nord. La décision du Tribunal de Jesenik au début du mois de janvier condamne les agresseurs à trois ans de prison avec sursis
Trois jeunes qui ont attaqué un couple de Roms tchèques, photo: CTK
Selon le vice-président de l'organisation "Initiative Civique
Rom" (ROI), le Tribunal a mal qualifié les faits, ne condamnant les
accusés que pour dommages corporels. Pour Marek Polak, "les jeunes
agresseurs étaient armés et avaient l'intention de causer au minimum de
sérieuses blessures. Dans le cas de Mme Zigova, il aurait pu s'agir d'une
tentative de meurtre". Les faits remontent à la fin du mois de juin
dernier. Peter Blajze, Martin Jas et Martin Stiskala, sous l'emprise de
l'alcool, tentent de s'introduire dans l'appartement de Jan Ziga et sa
femme. La porte leur est ouverte, car ils prétendent appartenir aux
services de police. En fait, l'un des agresseurs est le fils d'un officier
de la police locale. Jan Ziga est coupé au visage et à la poitrine, et son
épouse, enceinte au moment des faits, est frappée à l'oeil avec un pavé. Ce
verdict a choqué la minorité rom, qui a adressé une pétition au
gouvernement en vue d'obtenir un procès juste et équitable. Le
vice-premier ministre Petr Mares, surpris par une condamnation aussi peu
sévère, a demandé des explications au ministre de la Justice.
Dusan Badi, président de l'association pour les droits de l'Homme des
citoyens roms, a déclaré à l'agence de presse CTK que les victimes étaient
prêtes à déposer une nouvelle plainte. La semaine dernière, Badi a
rencontré Jan Jarab, le Commissaire aux Droits de l'Homme du Gouvernement
et le ministre de la Justice Karel Cermak. Jan Jarab a souligné que seul
le Bureau du procureur de la République pouvait changer le verdict en
interjetant appel. Cinq journalistes ainsi que des musiciens pragois ont
adressé une demande au procureur Ladislav Prouza pour qu'il fasse appel de
la décision. Selon la loi en vigueur en République tchèque, les attaques à
caractère raciste peuvent être sanctionnées par une peine allant jusqu'à
dix ans de prison.







