Décès de la Tchèque blessée au couteau en Egypte

La touriste tchèque blessée le 14 juillet dernier dans l’attaque au couteau à Hourghada, dans l’est de l’Egypte, est décédée dans la nuit de mercredi à jeudi dans un hôpital du Caire. Son décès porte à trois le nombre de victimes mortelles de l’attaque perpétrée par un jeune Egyptien dont les motifs précis n’ont toujours pas été expliqués par les enquêteurs.

L’hôtel Zahabia, lieu de l’attaque, photo :  Tanja Dedyukinova, CC BY 3.0L’hôtel Zahabia, lieu de l’attaque, photo : Tanja Dedyukinova, CC BY 3.0 L’attaque est survenue sur la plage de la station balnéaire d’Hourgada, située sur les bords de la mer Rouge et très prisée par les touristes européens, y compris les Tchèques. Deux ressortissantes allemandes ont été tuées par l’assaillant d’origine égyptienne et quatre autres personnes, parmi lesquelles la ressortissante tchèque, ont été blessées.

Agée de 36 ans, la Tchèque qui passait, avec son compagnon et son fils, son dernier jour de vacances en Egypte, a été attaquée alors qu'elle bronzait sur une chaise-longue. Elle a reçu plusieurs coups de couteau, notamment à la jambe et au dos, ses blessures étant néanmoins qualifiées de « légères » par les services médicaux égyptiens. Hospitalisée au Caire, la touriste tchèque se portait bien jusqu’à la détérioration grave de son état, survenue lundi dernier. Le lendemain, quatre médecins tchèques spécialisés en médecine d’urgence, dont le chef des services de secours de Prague, Petr Kolouch, ont rejoint, au Caire, leurs collègues égyptiens, pour organiser, si possible, le rapatriement immédiat de la touriste à bord d’un avion militaire spécialement aménagé pour le transport des blessés.

Petr Kolouch, photo : Jana Kudláčková, ČRoPetr Kolouch, photo : Jana Kudláčková, ČRo Une fois sur place, les médecins tchèques ont malheureusement constaté la défaillance multiviscérale chez la patiente, en précisant que son cerveau n’était pratiquement plus approvisionné de sang et que son était « irréversible ». Mercredi, les médecins déclarent que la Tchèque se trouve dans un état de mort clinique. Quelques heures après le retour de ses proches à Prague, la patiente succombe à ses blessures. « La médecine, malheureusement, n’est pas tout-puissante », a déclaré le médecin Petr Kolouch. Du côté des autorités tchèques également, il n’y a aucun doute sur la qualité des soins apportés à Lenka C., comme elle a été identifiée par les médias nationaux. On écoute le ministre des Affaires étrangères Lubomír Zaorálek :

Lubomír Zaorálek, photo : ČTKLubomír Zaorálek, photo : ČTK « Un conseil médical, composé de quatre professeurs et du ministre de la Santé, était chargé de s’occuper de la Tchèque blessée. Je peux même confirmer que le gouvernement égyptien apporte une attention particulière à cette affaire. »

Une affaire qui se poursuit et qui préoccupe évidement les autorités de Prague. D'après des sources égyptiennes citées par les agences de presse, l'assaillant a « avoué avoir épousé les idées djihadistes » lors de son interrogatoire. L’attaque n’a toutefois pas été revendiquée et la diplomatie tchèque, en collaboration avec les autorités allemandes, appelle le gouvernement égyptien à apporter un éclairage sur l’événement. Lubomír Zaorálek :

Touristes à Hourgada, photo : kallerna, CC BY-SA 3.0Touristes à Hourgada, photo : kallerna, CC BY-SA 3.0 « Nous avons adressé une note diplomatique au ministère égyptien des Affaires étrangères. Nous demandons à ce que l’enquête soit menée à bout. Nous voulons avoir des explications sur les motifs de l’assaillant et savoir s’il n’est pas lié à une organisation. »

Comme le rappellent les médias internationaux, c’est pour la première fois depuis janvier 2016 que des touristes ont été visés par une attaque en Egypte. Une attaque « terroriste » peut-on lire à la une de l’un des principaux quotidiens tchèques, Mladá frota Dnes, bien que l’on ignore pour l’instant si son auteur est lié ou non à des groupes extrémistes comme l'organisation Etat islamique.