Faits et événements Décès de Karel Bartosek, historien et écrivain tchèque
« Historien, écrivain, dissident et, avant tout, ami de tous ceux qui ont été persécutés par l'ancien régime et auxquels il a consacré des centaines de pages de ses livres ».
Karel Bartosek, photo: Ludvik Hradilek, Pravo 12.7.04
Ces mots de la plume de Pavel Rychetsky, président de la Cour
constitutionnelle, sont dédiés à Karel Bartosek, qui est décédé vendredi
dernier à Paris, quelques jours après son 74e anniversaire. « Un homme
doté d'une immense énergie qu'il a mise au profit du dévoilement de la
vérité sur le régime communiste, à l'édification duquel il avait
participé, dans sa jeunesse, et dont il a cherché, plus tard, à démasquer
la monstruosité », écrit-il également, dans les pages du journal Pravo.
Dans les années soixantes-dix, Karel Bartosek a été l'une des figures des
milieux dissidents tchécoslovaques qui ont été durement persécutées par le
régime communiste, voire mises en prison. Depuis le début des années
quatre-vingt-dix, Bartosek était installé avec sa famille à Paris. Dès la
chute du régime communiste, en 1989, il a partagé sa vie entre Prague et
Paris. Le Livre noir du communisme, paru dans une trentaine du pays et
dont Karel Bartosek est l'un des co-auteurs, est non seulement l'un des
nombreux ouvrages qu'on lui doit, mais aussi le livre qui a eu le plus
grand retentissement auprès de la critique et de l'opinion.
Ecoutons un témoignage sur Karel Bartosek que Jiri Slavicek nous a fait
partager depuis Paris.
'Le Livre noir du communisme'
« Il y a des vides au coeur difficiles à remplacer. Parler de Karel
Bartosek, un esprit jeune de 74 ans, au passé, me semble impossible. Et
pourtant, il faut s'y résigner. Les amis tchèques et français lui diront
leurs adieux ce jeudi, au Père Lachaise... Je les vois encore : les
visages émerveillés des étudiants français, en histoire ou en sociologie,
venus le consulter non seulement de Paris, mais aussi de Toulouse et
d'ailleurs... L'historien Karel Bartosek, dont la bonne humeur semblait
inaltérable en toute circonstance, a eu beaucoup d'attrait pour tous ceux
qui s'intéressaient à l'histoire de l'Europe centrale et aux années noires
du régime communiste à Prague qui a montré sa vraie nature après la
publication de la Charte 77 en Occident, dont Karel Bartosek fut l'un des
signataires. Aujourd'hui, cela peut paraître lointain... Ne pas avoir peur
de la vérité, disait et écrivait l'historien qui a pu finalement s'établir
en France. L'histoire lui a donné raison... Ses écrits restent. Mais sa
disparition est vraiment cruelle. Après Pavel Tigrid, le professeur Peska,
avec Karel Bartosek, c'est une grande partie de la mémoire vivante de
l'histoire commune franco-tchèque qui disparaît ».






