De Mongolie à la Zambie, du Cambodge à la Géorgie, la contribution tchèque au développement durable

Soutenir la production de fromages en Bosnie, améliorer l’accès à l’eau potable en Serbie ou encore protéger les forêts en Mongolie – tels sont quelques-uns des nombreux projets auxquels participe l’Agence tchèque de développement. Michal Kaplan en est le directeur depuis quatre ans. Il s’est confié sur sa mission au micro de Radio Prague.

Michal Kaplan, photo: Ondřej TomšůMichal Kaplan, photo: Ondřej Tomšů Réduire la pauvreté dans le monde de façon à faire en sorte que le plus grand nombre puisse vivre dignement, tout en s’efforçant de conjuguer cette lutte en tenant compte des exigences du développement durable. Telle est, très grossièrement résumée par Jan Kaplan, la mission première de la Česká rozvojová agentura (ČRA), agence créée en 2008 par le ministère des Affaires étrangères. Celle-ci œuvre actuellement dans seize pays, comme l’explique son directeur :

« Les pays prioritaires sont définis par le gouvernement. Ils sont au nombre de six : la Bosnie-Herzégovine, la Moldavie, la Géorgie, l’Ethiopie, le Cambodge et la Zambie. Il y a ensuite d’autres pays, comme l’Afghanistan, qui font l’objet d’un intérêt spécifique. L’Ukraine et la Syrie rentrent également dans cette catégorie. »

Ethiopie, photo: Štěpánka BudkováEthiopie, photo: Štěpánka Budková « Il existe plusieurs critères de sélection. Le principal est la nécessité de l’aide. Plus un pays est pauvre, plus il a besoin d’aide. Parmi nos six pays prioritaires, trois comptent parmi les pays les plus pauvres au monde. Il s’agit de l’Ethiopie, du Cambodge et de la Zambie. Le deuxième critère est la situation dans ces pays. Il faut que la paix règne, que la situation politique soit relativement stable et qu’il n’y ait pas trop de corruption. Enfin, les relations politiques et commerciales qui existent entre ces pays et la République tchèque constituent le troisième critère. Nous tenons compte également du fait si nous avons ou non une ambassade dans ces pays. »

A ce titre, la décision a été prise très récemment de rouvrir une ambassade à Lusaka, et de fermer parallèlement celle au Zimbabwe, et ce afin de renouer le fil historique des échanges entre la Zambie et la Tchécoslovaquie.

Chaque année, la République tchèque consacre quelque 500 millions de couronnes (près de 19 millions d’euros) aux différents projets d’aide au développement. Certains domaines sont privilégiés. Jan Kaplan précise lesquels :

Géorgie, photo: Archives de l'Agence tchèque de développementGéorgie, photo: Archives de l'Agence tchèque de développement « Les sommes les plus importantes sont consacrées à l’eau et à son épuration, à l’assainissement, car c’est là un grave problème dans les régions en développement, notamment en Afrique. Nous, les Tchèques, avons par exemple de très bons géologues dont le travail consiste à procéder à des recherches géophysiques et ainsi à trouver des sources d’eau, et plus généralement à dresser la carte d’un pays de façon à prévenir les éventuelles catastrophes naturelles. L’agriculture est le deuxième domaine dans lequel nous sommes très engagés, car cela reste dans ces pays la principale source de subsistance. »

Parmi ces différents pays, la Géorgie constitue un cas quelque peu à part. Suite à la signature de l’accord d’association avec l’Union européenne, les Tchèques aident leurs partenaires géorgiens, confrontés à la pression russe sur un gouvernement de Tbilissi pris en étau en raison de sa politique étrangère pro-européenne, notamment dans le processus d’adoption d’une nouvelle législation. Un processus par lequel les Tchèques sont eux aussi passés.