Faits et événements De Barrandov à Hollywood - rencontre avec Louis Malle et Belmondo
Suite de notre entretien réalisé avec Norbert Auerbach. Dans notre émission d'hier, il évoquait sa rencontre avec Brigitte Bardot. Aujourd'hui, Norbert Auerbach, qui est parti de Prague en 1939 et est devenu l'un des plus importants producteurs d'Hollywood, nous raconte son travail avec d'autres monstres sacrés du cinéma français :
Le voleur
Vous avez participé à la production de nombreux films - et quand je dis
nombreux c'est un euphémisme - il n'y a toutefois qu'un seul film
aujourd'hui sur lequel votre nom apparaît. Il s'agit du film de Louis
Malle, Le voleur, tourné en 1966 avec Jean-paul Belmondo. Est-ce que vous
pouvez nous parler de cette aventure ?
« Oui, je m'en rappelle très bien. Je venais d'être mis à la porte de United Artists (suite à un différend avec la direction). J'ai rencontré Louis, qui préparait Le voleur, qui devait être entièrement financé par Artistes Associés (la filiale française de United Artists). Les gens m'ont demandé si je voulais être le producteur, le line producer, de ce film-là... »
Le résultat vous a plu ?
« C'était un très très beau film, qui n'était pas très commercial, pas seulement à cause du sujet mais aussi parce que Louis travaillait d'une manière très lente et très précieuse. Il voulait tout avoir sur place. Il y a eu des moments affreux, il y avait par exemple une scène où le voleur entre dans un appartement et ouvre un secrétaire de style Louis XIV. Et Louis insistait pour avoir un vrai meuble Louis XIV sur le plateau... »
Quand on est producteur, ça ne doit pas être facile ce genre d'exigences...
Norbert Auerbach, photo: www.svandovodivadlo.cz
« Je lui ai refusé, naturellement ce n'était pas possible. Surtout
que
Belmondo, pendant le cambriolage, devait casser ce meuble... Alors on
avait deux ou trois imitations. J'ai dit à Louis : 'Personne ne peut voir
si c'est un vrai ou pas' et il m'a répondu 'Moi je le vois !'... C'était
typique de Louis Malle... Mais autrement ce fut une aventure et un travail
assez agréables. On était tous de bonne humeur, on n'avait aucun problème
financier. Belmondo est un type avec lequel
on travaille bien, un
professionnel à 100%. La fille (Geneviève Bujold) était très agréable,
c'était son premier grand rôle et elle ne faisait pas de diffultés.
C'était une production qui avançait sur des rails. »
La suite de cet entretien avec le producteur Norbert Auerbach, ce sera dans notre émission de demain. Ne manquez pas cette émission, en particulier si vous êtes fan de James Bond, parce que Norbert Auerbach est l'homme qui est à l'origine de l'adaptation des aventures du plus célèbre espion britannique au cinéma....





