Faits et événements David Černý : Entropa quittera Bruxelles avant la fin de la présidence tchèque
Entropa, sculpture provocatrice, installée devant le siège du Conseil de l’Union européenne à Bruxelles à l’occasion de la présidence tchèque de l’Union, fait reparler d’elle. Son auteur, le plasticien David Černý a fait savoir qu’il voulait l’enlever avant le délai prévu.
David Černý et Entropa, photo: www.eu2009.cz
En dépit de la controverse que la sculpture, montrant sous une forme
parodique et ironique les vingt-sept pays membres de l’Union, a
provoquée, elle devait rester sur place jusqu’à la fin juin, date
jusqu’à laquelle la République tchèque assure sa première présidence
européenne. Critiqué par les uns et applaudi par les autres, l’ouvrage
s’est entre-temps tant bien que mal domicilié dans les locaux
bruxellois.
Au départ, son auteur se déclarait sans aucune ambition politique, le goût de la mystification, de la provocation et de la dérision comptant pour lui par-dessus tout. Aujourd’hui, David Černý change de ton. C’est en signe de désaccord avec la chute du gouvernement de Mirek Topolánek, suite à une motion de censure déposée par l’opposition contre celui-ci il y a près de quatre semaines, qu’il décide d’enlever Entropa. « Pour moi, la présidence tchèque a fini avec la fin de ce cabinet et je ne veux plus y participer ». Et d’ajouter :
« On va commencer à démonter l’installation le 11 mai. Cet ouvrage est à moi, je vais donc le prendre et l’emporter quand bon il me semblera. Je veux faire savoir que je ne suis pas d’accord avec ce qui s’est passé parce que c’est terriblement honteux ».
L’artiste David Cerny évoque également son désaccord avec la politique du président tchèque Vaclav Klaus et avec la présence dans le nouveau gouvernement d’anciens membres du Parti communiste.
C’est donc probablement juste après la nomination du nouveau
gouvernement intérimaire, que Entropa sera démontée avant de quitter
définitivement Bruxelles. Dès le mois de juin, elle serait exposée dans
une galerie de Prague… La décision de David Černý ne semble pas plaire
à l’ensemble de la scène politique tchèque. Le vice-premier ministre
démissionnaire pour les affaires européennes, Alexandr Vondra a même dit
vouloir tenter une mission impossible : convaincre le plasticien de
renoncer à sa démarche envisagée et de laisser son œuvre à Bruxelles
jusqu’au 30 juin, date officielle de la fin de la présidence tchèque.








