Faits et événements Dana Drábová: Les scanners corporels représentent un trop grand risque
L’Office national de la sécurité nucléaire n’autorisera pas l’utilisation des scanners corporels pour le contrôle des passagers dans les aéroports. Selon la directrice de cette institution, Dana Drábová, ces installations coûteuses ne sont ni inoffensives, ni nécessaires.
Dana Drábová
En début d’année encore, la directrice de l’Office national de la
sécurité nucléaire, Dana Drábová, se montrait plutôt favorable aux
scanners corporels. Elle estimait que seuls les enfants et les femmes
enceintes devraient éviter de passer par ces portiques de sécurité:
« Quand le passager ne passe par le scanner que plusieurs fois par an, il n’y pas de risques pour sa santé. (…) En tout cas cette personne devrait être informée qu’elle passera par un portique émettant une radiation ionisante. Il faudrait aussi établir la liste des personnes qui ont été soumises à ce genre de contrôle.»
Jeudi dernier, l’Office national de la sécurité nucléaire a
complètement changé de ton. Il ne donnera pas son aval à l’utilisation
des scanners corporels dans les aéroports car ces appareils émettent une
radiation ionisante et nuisent à la santé des passagers. «Nous estimons
qu’il s’agit d’un trop grand risque auquel énormément de personnes
seraient exposées chaque année », affirme maintenant la directrice Dana
Drábová. Le journal Hospodářské noviny a cité sa déclaration selon
laquelle bien que le taux de radiation de ces scanners soit relativement
bas, nos connaissances actuelles ne nous permettent pas de considérer
n’importe quel niveau de radiation comme sûr et inoffensif. Et la
directrice de souligner que chaque exposition à la radiation, même
faible, représente une certaine probabilité de provoquer un cancer. A son
avis, ce genre de contrôle n’est d’ailleurs pas sans alternative, et
les passagers peuvent être contrôlés aussi bien par palpation de
sécurité ou par ultrason.
Le projet d’installation des scanners risque de se heurter aussi à des
problèmes financiers. Un portique de sécurité au scanner coûte 5
millions de couronnes, environ 190 000 euros, et rien que l’aéroport de
Prague-Ruzyně aurait besoin de 80 appareils de ce type pour en équiper
tous ses terminaux.
C’est maintenant au gouvernement de trancher car le cabinet Jan Fischer pourrait encore annuler la décision de l’Office national de la sécurité nucléaire. Tandis que le ministre de l’Intérieur Martin Pecina est plutôt favorable à ce genre de contrôle, le ministre des Transports Gustav Slamečka est contre. Dans un mois le gouvernement tchèque informera l’Union européenne de sa décision sur une éventuelle installation obligatoire des scanners dans les aéroports.







