Czech-In : le cinéma tchèque et slovaque se montre à Paris

Du 21 au 28 mai, le festival Czech-In a proposé au public parisien de découvrir ce qui se fait de mieux en termes de cinéma tchèque et slovaque. C’est l’histoire d’une double renaissance, à la fois de ce festival interrompu depuis 2013, mais aussi de cette industrie cinématographique qui commence enfin à sortir de ses frontières.

Slávek Horák et Markéta Hodoušková, photo: Kateřina SrbkováSlávek Horák et Markéta Hodoušková, photo: Kateřina Srbková Derrière ce renouveau se cache Markéta Hodoušková. A l’heure du bilan, la directrice du Czech-In affiche une relative satisfaction :

« La troisième édition du Czech-In a un bilan plutôt positif. Je pense que notre préparation et notre communication en ligne ont porté leurs fruits et nous avons vu notre fréquentation augmenter de façon importante par rapport aux éditions précédentes. »

La manifestation, qui s’appuyait sur un budget modeste alimenté notamment par une entreprise de financement participatif, a rassemblé presque deux fois plus de spectateurs que lors des précédentes éditions, en 2011 et 2013. Dans le cadre cinéphile du cinéma L’Entrepôt, institution du 14e arrondissement parisien, la projection du film Home Care, en présence de son réalisateur Slávek Horák, a visiblement contribué au succès de la manifestation :

'Home Care''Home Care' « Le public était au rendez-vous, la salle était quasiment pleine et il y a eu ensuite un débat très sympathique autour du sujet du film et on a parlé aussi des prix que le film a obtenus, notamment de la meilleure interprétation féminine à Karlovy Vary. »

Correspondante de Radio Prague à Paris, Kateřina Srbková était de la partie pour assister à ce film qui traite de la fin de vie et du rapport à la médecine traditionnelle. A son micro lors du cocktail d’après-séance, Jérôme Decourcelles, lui-même scénariste du court-métrage ‘Le Retour’, montré dans le cadre du festival, avait l’air conquis :

« Excellent ! Il y avait une simplicité et puis il y a surtout un débat sur ces deux médecines. Il y a comme deux films en un. Et puis sans oublier l’humour dans un film dont le sujet est grave. Qu’est-ce qu’on peut se marrer ! »

Malgré l’enthousiasme de Jérôme Decourcelles, le public, qui était amené à voter pour sélectionner la meilleure œuvre du festival, s’est prononcé pour distinguer un autre film, en l’occurrence « Sur la ligne » d’Andrea Sedláčková. Le long-métrage, qui parle du dopage dans l’athlétisme tchécoslovaque des années 1980, a déjà eu la chance d’une carrière sur les écrans français l’été dernier.

'Sur la ligne''Sur la ligne' Quant au cinéaste Slávek Horák, qui espère que son premier film Home Care pourra être distribué en France, il n’a sans doute pas eu de peine à se consoler d’avoir vu le prix du public lui échapper :

« Même si je fais des films, j’ai toujours voulu être tennisman donc je viens généralement à Paris pour Roland Garros, pour les matchs et le tennis. J’ai des billets pour les jours prochains et au final cela tombait plutôt bien de recevoir une invitation pour le festival Czech-In qui est justement organisé à l’époque de Roland Garros ! »

L’avenir du festival ne s’annonce cependant pas aussi pluvieux que ne l’est ces jours-ci Roland Garros puisque Markéta Hodoušková envisage déjà une prochaine édition l’an prochain et d’ici là des projections de films tchèques et slovaques ailleurs en France.