Faits et événements Conflit entre le ministre de la Justice et le procureur général de la République
La détention préventive du prince du Qatar, Mahmoud bin Abdullah Al Thani, inculpé d'avoir eu des relations sexuelles avec des jeunes filles mineures, a déclenché un conflit entre le ministre de la Justice et le procureur général de la République tchèque.
Mahmoud bin Abdullah Al Thani
En septembre dernier, la police a arrêté le membre de la famille royale de
Qatar, proche de l'ancien émir, Mahmoud bin Abdullah Al Thani, inculpé
d'avoir eu dans son appartement pragois des relations sexuelles avec seize
filles mineures, dont quatre âgées entre 12 et 15 ans. Depuis, le prince du
Qatar était placé en détention préventive. Sur décision du ministre de la
Justice, Pavel Nemec, il devait la quitter pour être extradé et jugé dans
son pays.
Le juge s'y est opposé, estimant qu'il n'était pas dans les compétences du ministre de la Justice de prendre ce genre de décision sans l'approbation du tribunal. Bref, qu'il s'agissait là, d'après lui, d'un conflit d'intérêt entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Ce lundi, le tribunal municipal a donné raison au juge, en décidant que le prince ne quitterait pas la cellule de détention préventive à la prison de Pankrac.
Le ministre de la Justice Pavel Nemec
Entre-temps, le procureur général de la République, Marie Benesova, est
intervenue dans l'affaire. Fort inquiète du comportement du ministre, elle
a donné l'ordre à la police anti-corruption de vérifier les circonstances
de cette prise de décision. Au quotidien Lidove noviny, Marie Benesova a
indiqué que le ministère de la Justice essayait d'influencer le
déroulement de l'enquête du prince du Qatar. Au ministre Pavel Nemec, le
procureur reproche des faiblesses dans la gestion du ministère, qui serait
dirigé en réalité par son porte-parole Petr Dimun et le directeur du
cabinet Pavel Skvara.
Ce mardi, le conflit s'est retrouvé devant la commission des lois constitutionnelles et la législation. Sa présidente Vlasta Parkanova explique:
"La commission, en tant qu'organe parlementaire de la Chambre des députés, est chargée par la loi de contrôler le gouvernement. Compte tenu d'une évolution inquiétante dans le secteur de la Justice, il était de mon devoir de convoquer la commission."
Le Premier ministre Jiri Paroubek devrait aussi intervenir dans le conflit. Mercredi, il doit rencontrer ses deux acteurs. Une affaire donc à suivre...






