Faits et événements Cohabitation à l'amiable en Tchéquie
Le Président Vaclav Klaus et le Premier ministre, Vladimir Spidla, photo: CTK
Les premières interventions publiques des deux plus hautes instances
tchèques, le président de la République et le Premier ministre, ont laissé
entendre que la cohabitation entre le chef de l'Etat de droite et le
Premier ministre de gauche pourrait se dérouler à l'amiable, en cette
nouvelle année 2004. Le Président Vaclav Klaus et le Premier ministre,
Vladimir Spidla, n'oublient pas d'insister sur le fait que cette année est
une année historique pour la République tchèque : celle de son entrée dans
l'Union européenne. On relève, pourtant, une certaine retenue dans les
déclarations du chef de l'Etat. Il se garde bien de critiquer ouvertement
le gouvernement de coalition à majorité social-démocrate. Quelques
allusions à retenir seulement : il n'a pas signé trois projets de loi
adoptés par les deux chambres du Parlement sur les 83 qui lui ont été
présentés. Dans les trois cas, il s'agissait de lois concernant la réforme
des finances publiques. Le Président Vaclav Klaus se déclare toujours pour
une plus faible imposition de l'entreprise et des affaires. Tout en citant
l'exemple des Etats voisins, qui ont diminué l'imposition des personnes
morales, il laisse passer un vent de critique à l'égard de l'Union
européenne et son système de contrôle trop strict, un contrôle qu'elle
tente d'imposer aux pays membres, anciens mais surtout nouveaux, ces
derniers à compter du 1er mai 2004. Et le Premier ministre, Vladimir
Spidla ? En dépit des critiques, même celles concernant le passage
d'électeurs potentiels de la social-démocratie dans le camp des
communistes ou les menaces de grèves omniprésentes de certaines catégories
professionnelles, salariés de l'Etat ou du privé, le chef du cabinet
affirme que la réforme des finances publiques continuera, car elle est
indispensable. Le simple citoyen n'a pas de quoi pavoiser : nouvelles
hausses des prix, au printemps déjà, retard du départ à la retraite,
augmentation de la TVA pour certains produits. Il peut se consoler en
apprenant que les députés, sénateurs et autres hauts fonctionnaires
devraient, peut-être, abandonner l'un de leurs nombreux privilèges : en
congés de maladie, ils devraient être soumis au même régime que Monsieur
tout le monde. Plus question donc de percevoir leurs pleins salaires
pendant le premier mois, mais 50 % seulement avec un plafond déterminé.






