Cité d’un brigand et d’un homme de guerre, Jičín est la nouvelle Ville historique tchèque

Connue d’un grand nombre de Tchèques comme la ville des contes de fées et du noble chef de guerre Albrecht de Wallenstein, Jičín, jolie cité de Bohême de l’Est, a été élue Ville historique de l’année 2016, mardi au Château de Prague.

Jičín, photo: Caroig, CC BY-SA 3.0Jičín, photo: Caroig, CC BY-SA 3.0 Ville de 17 000 habitants fondée au XIIIe siècle, Jičín se trouve à une centaine de kilomètres au nord-est de Prague et à une cinquantaine au nord-ouest de Hradec Králové, autre belle ville de la région. Surnommée « La porte du Paradis de Bohême », Jičín a été récompensée pour l’entretien, « exemplaire » selon le jury, du patrimoine de la ville, et notamment le bon usage des subventions destinées à cet effet, que celles-ci soient régionales, nationales ou européennes. Sa municipalité estime à 210 millions de couronnes (près de 8 millions d’euros) le montant total des sommes investies ces dernières années dans la rénovation de ses soixante-quatorze monuments culturels classés.

Cela faisait quelque temps que Jičín aspirait au titre honorifique de Ville historique. Lors des deux éditions précédentes du concours, organisé par l’Association des sites historiques de Bohême, de Moravie et de Silésie, en coopération avec le ministère de la Culture, Jičín avait déjà terminé dans le trio de tête.

Photo: SupraphonPhoto: Supraphon Dans l’esprit des Tchèques, et notamment des plus jeunes, Jičín évoque d’abord un personnage de conte de fées : Rumcajs, un gentil brigand apparu pour la première fois en dessin animé dans les années 1960. Ancien cordonnier de la ville, le héros à la barbe noire et au chapeau rouge vit, aux côtés de sa femme Manka et de leur fiston Cipísek, ses aventures caché dans un bois fictif environnant qu’il protège de son abattage. Aujourd’hui, il est possible de faire meilleure connaissance avec Rumcajs en visitant la Maison du cordonnier où un musée lui est consacré.

Pour les plus grands, et plus particulièrement les amateurs d’histoire, Jičín évoque davantage Albrecht de Wallenstein, homme de guerre de la noblesse de Bohême de la première moitié du XVIIe siècle. Figure très controversée de l’histoire du pays mais aussi personnage très puissant et orgueilleux, Albrecht de Wallenstein avait choisi la ville pour la transformer en un petit Versailles tchèque. C’est donc à lui que Jičín doit son château en cours de rénovation, son étonnante « Valdštejnská lodžie » (cf. : http://www.radio.cz/fr/rubrique/tourisme/valdstejnska-lodzie-un-centre-culturel-peu-conventionnel-dans-une-ancienne-residence-baroque) et son magnifique centre de style Renaissance dominé par la porte de Valdice, une tour qui, de son sommet, offre une vue imprenable sur la ville et ses environs. Une ville et des environs qui se prêtent parfaitement à la pratique du vélo, sans doute un des meilleurs moyens de découverte, comme le conforme l’adjoint au maire, Petr Hamaček:

La porte de Valdice, photo: Petr1888, CC BY-SA 3.0La porte de Valdice, photo: Petr1888, CC BY-SA 3.0 « La localisation géographique de Jičín est idéale pour les cyclistes. Les plus sportifs qui aiment la montagne et les longues sorties peuvent rouler en direction des Monts des Géants (Krkonoše). Ceux qui apprécient les terrains vallonnés tout en profitant du paysage ont le Paradis de Bohême à proximité en passant par les rochers de Prachov, tandis que ceux qui ont envie de rouler juste pour le plaisir sans trop se fatiguer ont toute la plaine environnante en direction du village de Vysoké Veselí. Il y en a donc vraiment pour tous les goûts. »

Le titre de Ville historique tchèque est décerné depuis 1994. L’année dernière, c’est Příbor (Moravie-Silésie), ville natale de Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, qui avait été mise à l’honneur. Příbor, qui se trouve dans le district de la ville de Nový Jičín, littéralement « Nouveau Jičín », cela ne peut pas être tout à fait un hasard…