Faits et événements Changement de direction à Czech Airlines : quid de la privatisation ?
La compagnie aérienne publique tchèque ČSA/Czech Airlines, traverse une période parmi les plus mouvementées de son histoire. Officiellement, le gouvernement devrait décider la semaine prochaine de la suite à donner au processus de privatisation. Mais les importants changements intervenus, lundi, à la tête de la compagnie laissent à penser que sa vente sera probablement annulée ou remise à plus tard.
Miroslav Dvořák, photo: CTK
Comme le précisent les médias tchèques, ČSA est devenu, lundi, un cas
unique au monde. Tout en conservant ses fonctions de directeur général de
l’Aéroport de Prague, lui aussi propriété de l’Etat, Miroslav
Dvořák a en effet également été nommé à la présidence du conseil
d’administration de la compagnie aérienne. Un autre changement est
également intervenu à la tête du conseil de surveillance de ČSA, qui
sera désormais dirigé par l’économiste Miroslav Zámečník. A la
sortie de la réunion, le désormais ex-président du conseil
d’administration, Radomír Lašák, a expliqué les raisons de ce
rapprochement entre l’Aéroport de Prague et ČSA:
Radomír Lašák, photo: CTK
« Il ne s’agit nullement d’une mise en commun des actions. Cela ne
signifie pas qu’une société va posséder des parts dans l’autre
société. Ce rapprochement est avant tout une décision pragmatique. Il va
permettre aux deux sociétés de réaliser d’importantes économies, en
augmentant certains revenus et en réduisant certaines dépenses. »
La première grande mission pour le nouveau duo à la tête de ČSA
consistera donc à réaliser des économies devant permettre de surmonter
la crise économique que traverse la compagnie, des pertes de près de 120
millions d’euros étant prévues pour cette année. La seconde sera de
trouver un terrain d’entente avec les syndicats sur la baisse des
salaires, et notamment ceux des pilotes. Sur ce point précis, Radomír
Lašák a indiqué que ces derniers étaient d’accord sur le principe
d’une diminution de 15 % de leurs revenus, dont le montant moyen est
légèrement supérieur à 8 000 euros, tandis que les salaires des
hôtesses de l’air et des autres employés de la compagnie feraient
l’objet de réductions respectives de 10 et 5 %. Un allégement de la
masse salariale qui permettrait d’économiser environ 24 millions
d’euros par an. Des chiffres avec lesquels n’est toutefois pas
d’accord le nouveau président du conseil de surveillance, Miroslav
Zámečník, qui estime que l’accord trouvé avec les syndicats reste
très insuffisant :
Miroslav Zámečník, photo: CTK
« Le conseil de surveillance reste ferme sur sa volonté de parvenir à
des réductions de salaire de 30 % pour les pilotes et de 15 % pour le
reste du personnel. C’est la seule manière de faire les économies dont
la compagnie a besoin. Le conseil et l’ensemble de la direction entendent
donc continuer à mener les négociations de manière à ce qu’elles
aboutissent aux modifications indispensables de la convention collective
qui entreraient en vigueur le 1er novembre prochain. »
Outre ces importantes réductions des salaires, toutefois inférieures aux
45 % encore envisagés pour les pilotes la semaine dernière, le conseil de
surveillance entend également licencier 860 des 4600 employés que compte
actuellement ČSA. Cette coupe d’effectif permettrait une économie
annuelle estimée à un peu plus de 43 millions d’euros.
Reste seulement à savoir si toutes ces mesures pourront être appliquées, le gouvernement ne s’étant pas encore prononcé sur la suite qu’il entend donner au processus de privatisation de la compagnie. Une décision devrait être rendue la semaine prochaine.







