Célébrations de la Charte 77 en France

L'année 2007 marque le trentième anniversaire de la Charte 77, le premier document publié par le mouvement des dissidents dans l'ancienne Tchécoslovaquie qui s'était formé en réaction à l'occupation soviétique et à l'instauration de la politique de normalisation. Un anniversaire célébré également en France, cette semaine. A cette occasion, nous nous sommes entretenus avec l'ambassadeur tchèque en France, Pavel Fischer.

« Notre ambassade accompagne voire organise plusieurs événements autour de cet anniversaire. Le jour le plus important sera le jeudi 25 janvier, où aura lieu au CERI de Paris deux tables rondes. L'une autour du processus de Helsinki, un peu à l'origine de la Charte 77, l'autre autour de la personnalité et de l'oeuvre de Jan Patocka, philosophe tchèque et grand penseur de l'époque, très proche de la France - son amitié avec Paul Ricoeur notamment était exceptionnelle. Le même jour, nous aurons une belle rencontre au Centre tchèque, où viendront tous les gens qui ont accompagné la Charte, les dissidents toutes origines confondues - gens de gauche, de droite, les intellectuels, les chrétiens, les laïcs et autres. La veille, ce mercredi, nous aurons un débat plus modeste à Rennes et le lendemain, le 26, il y aura également un débat à Sciences-po Dijon. »

Il y aura aussi des projections et une messe spécialement donnée pour l'occasion...

« La projection d'un film ( DU THÉÂTRE AU POUVOIR, un film de Karel Prokop sur l'oeuvre du dramaturge et Président tchèque Vaclav Havel) aura lieu la semaine suivante, toujours au centre tchèque, et pour le dimanche 4 février nous préparons la célébration d'une messe solennelle à Notre-Dame de Paris, l'occasion de rappeler cette amité et proximité entre nos peuples et portée par beaucoup de communautés. Elle sera présidée par Monseigneur Vingt-Trois, archevêque de Paris, et concélébrée par Vaclav Maly, évêque auxiliare de Prague ancien signataire de la Charte. »

On a parlé un moment du projet d'aposer symboliquement une plaque sur l'immeuble où avait ses locaux la revue Svedectvi (Témoignages), fondée par Pavel Tigrid et à laquelle ont participé bon nombre de dissidents tchécoslovaques à l'époque. Ce projet est-il toujours d'actualité ?

« Le projet d'aposer une plaque au centre de Paris pour commémorer la personnalité de Pavel Tigrid et son activité en tant que directeur de la revue Svedectvi est bien vivant. Cette plaque est déjà réalisée et nous guettons en quelque sorte l'opportunité de la dévoiler officiellement. Pour ne rien vous cacher, nous envisageons pour le moment le mois de mars. Les détails seront communiqués ultérieurement, nous attendons la présence de décideurs politiques importants et nous souhaiterions caler la date de l'inauguration dans leur agenda, ce qui n'est pas une chose aisée. »