Bonnes résolutions 2013 : le Ministre de la santé veut moins de tabac et d’alcool chez les jeunes

Qui dit nouvelle année dit bonnes résolutions : pourquoi pas celle de moins boire et fumer ? Le ministre de la santé Leoš Heger espère bien soutenir les bonnes volontés, et faire plier les mauvaises, avec un nouveau projet de loi anti-tabac.

Leoš Heger, photo: Filip Jandourek, ČRoLeoš Heger, photo: Filip Jandourek, ČRo Le ministre de la santé persévère dans sa volonté de légiférer sur les ventes de tabac et d’alcool avec une nouvelle proposition de loi. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement s’attaque au sujet, jusqu’à présent sans succès. Le quotidien MF Dnes compare même cette ambition au mythe de Sisyphe : la pierre c’est l’interdiction de fumer dans les restaurants et la montagne c’est le Parlement tchèque. En effet, toutes les tentatives de limiter les espaces ouverts aux fumeurs ont été retoquées par les députés, qui comptent dans leurs rangs de nombreux adeptes de la cigarette. Le député de l’ODS Boris Šťastný soutient la nouvelle proposition de loi, et semble plutôt optimiste sur le suivi des députés et sénateurs.

Boris Šťastný, photo: ČRoBoris Šťastný, photo: ČRo « Il dépend de la proposition du gouvernement, que j’attends, que les gens s’associent à ce projet ou non. Bien sûr ils se rendent compte que certains collègues peuvent avoir une opinion personnelle à ce propos, comme sur un autre sujet. Personnellement je vois clairement, à la chambre des députés et au Sénat, une majorité de supporters de cette proposition. »

Cependant l’année dernière, un projet de loi semblable avait déjà été rejeté sous la pression des lobbys du tabac. Il faut également compter sur la possibilité d’un véto du futur Président : le favori des sondages Miloš Zeman a déjà annoncé qu’il s’opposerait au passage de cette loi s’il en a l’occasion.

Photo: Kristýna MakováPhoto: Kristýna Maková Une proposition de loi qui ne devrait pas seulement faire gronder les lobbys du tabac, puisqu’elle s’attaque également à l’alcool et prévoit un certains nombre d’obligations pour les établissements qui en proposent. Les boissons alcoolisées devraient ainsi disparaître des marchés et des kiosques, à l’exception des évènements ponctuels. Pas de panique donc pour le vin chaud à Noël. Les établissements de l’hôtellerie et restauration devront eux apporter un changement qui peut sembler anodin mais qui dans ce pays est de taille : la loi prévoit en effet l’obligation de proposer au moins une boisson sans alcool à un prix inférieur à celui des boissons alcoolisées. Une mesure contre-productive selon Václav Stárek, président de l’Association des hôtels et restaurants.

Václav Stárek, photo: ČTVáclav Stárek, photo: ČT « D’après nous cette mesure est un parfait non-sens qui ne résoud rien. Les jeunes vont au restaurant justement pour prendre une bière, et je ne parle pas des mineurs, qui ne peuvent pas en obtenir. Cette mesure va faire diminuer la consommation d’alcool. Ce gouvernement montre seulement que, depuis un moment, il fait tout pour gêner les entrepreneurs. Il y a eu l’augmentation de la T.V.A. et toutes ces mesures comme la prohibition, qui était clairement dûe à un manque de vigilance de l’Etat et à l’incurie du marché noir de l’alcool. Toutes les réponses de l’Etat retombent sur les entrepreneurs, et ça ne nous plaît pas. »

Photo: Archives de ČRo7Photo: Archives de ČRo7 Au coeur de la loi : les jeunes, un élément de taille qui pourrait pousser son adoption. Les mineurs sont en effet le cheval de bataille de la proposition du ministre, qui souhaite lutter contre la consommation d’alcool et de tabac chez les moins de 18 ans. La nouvelle loi prévoirait ainsi une augmentation des peines en cas de vente d’alcool à un mineur : un million de couronne pour les moins de 18 ans (40 000 euros), deux millions pour les moins de quinze ans (80 000 euros). Certains espaces tels que les fumoirs des aéroports pourraient même leur être interdits. Leoš Heger s’attaque également à un ennemi complexe : internet, avec l’obligation pour les vendeurs en ligne de contrôler l’âge de leurs acheteurs.

Si la proposition de loi sera soumise aux mêmes pressions des lobbys que les précédentes, son accent sur la jeunesse pourrait lui apporter d’autres soutiens. Le ministre de la santé du cabinet fantôme du parti social-démocrate Jan Žaloudík a d’ores et déjà exprimé son appui, même s’il regrette la perte de revenu liée aux taxes sur la consommation.