Faits et événements Bilan du projet Martinů Revisited
Deux concerts de l’Orchestre philharmonique tchèque ont mis fin, ces jours-ci, au projet intitulé Martinů Revisited qui avait pour objectif d’attirer l’attention des musiciens et du public du monde entier sur l’œuvre d’un des plus grands compositeurs tchèques. Le projet s’est étendu sur deux années et y ont pris part des orchestres, des théâtres, des ensembles et des solistes prestigieux de nombreux pays.
Bohuslav Martinů
Le 50e anniversaire de la disparition et le 120e anniversaire de la
naissance de Bohuslav Martinů ont été l’alpha et l’oméga des
animateurs du projet qui ont organisé dans l’intervalle de ces deux
dates la majorité des manifestations de cet immense festival qui a duré
deux ans. L’organisation de ce projet ayant déjà commencé à la fin de
l’année 2008 et qui vient de s’achever a été très souple et a
donné libre cours aux initiatives de musiciens et de producteurs de
nombreux pays. Ils ont finalement réalisé au total 465 manifestations, 12
nouvelles productions d’opéra, trois productions de ballet et 11
festivals de musique avec des œuvres de Martinů à leur programme. Le
directeur de l’Institut Bohuslav Martinů de Prague, Aleš Březina, qui
était coordinateur du projet estime que toutes ces activités ont changé
la perception de l’œuvre du compositeur dans le monde :
« Martinů fait partie aujourd’hui de la vie musicale courante chez
nous et à l’étranger. Même ses œuvres qui ne sont pas faciles à
présenter comme ses opéras, ses grandes cantates sont aujourd’hui plus
généralement connues. Rien que son oratorio Gilgamesh a été présenté
plusieurs fois dans des productions différentes, dans des langues et des
pays différents. Le chef d’orchestre Jiří Bělohlávek a exécuté
avec l’Orchestre symphonique de la BBC l’intégrale des symphonies de
Bohuslav Martinů en l’espace d’une seule saison. Je crois que c’est
la consécration de Martinů en tant que classique du XXe siècle qui est
le résultat principal de ce projet. »
Bohuslav Martinů
Au cours des deux dernières années ont été publiés 13 livres
consacrés au compositeur et plusieurs concerts de musique de Martinů ont
figuré aussi au programme culturel officiel de la présidence tchèque de
l’Union européenne dans la première moitié de l’année 2009.
Aleš Březina espère que les effets du projet seront durables. Il rappelle que les opéras de Martinů figurent désormais au répertoire de nombreux théâtres et que le projet a fait donc démarrer une véritable renaissance de l’intérêt pour l’œuvre lyrique du compositeur dans le monde. Le coodinateur ne craint pas non plus que l’œuvre de Martinu puisse lasser le public :
« Si Martinů n’était que l’auteur d’une cinquantaine de compositions, il faudrait peut-être plus de retenue pour ne pas lasser le public. En réalité il a écrit quatre centaines de compositions dont trois cents au moins sont des œuvres qui méritent vraiment de figurer au programme de concerts. A mon avis donc, ce danger n’existe pas. Il y aura maintenant sans doute moins de Martinů dans les programmes des salles de concert mais je ne crains pas qu’il puisse être tout-à-fait éclipsé par d’autres auteurs. »
Parmi les manifestations les plus brillantes du projet Martinů Revisited
il y a eu, en décembre 2008, la première mondiale à Prague de trois
fragments de l’opéra « Juliette ou la Clef des songes » créé par le
compositeur sur le texte d’une pièce surréaliste de Georges Neveux.
L’équipe d’artistes ayant exécuté cette œuvre était dominée par
la mezzo-soprano tchèque Magdalena Kožená. La Philharmonie tchèque
était placée sous la direction de Sir Charles Mackerras.
L’enregistrement de cette œuvre par les mêmes exécutants a obtenu à
Londres le prix prestigieux de la revue Gramophone.









